| Blues, Rhythm 'n' Blues |
À la veille de son 70ème anniversaire (en septembre prochain), notre stakhanoviste favori en matière de blues sessions nous propose une nouvelle moisson, issue cette fois d’une dizaine de séances réparties entre 2023 et 2025, et quasiment toutes captées au sein des studios Tempest de Phoenix où il a ses habitudes. On ne vous fera pas l’affront de vous présenter une fois de plus ce bon Bob Corritore (déjà chroniqué ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI et ICI), non plus que la plupart des protagonistes ici réunis. Il suffit d’énoncer que la basse de l’éminent Bob Stroger soutient à nouveau les deux tiers des titres, tandis que les six cordes de Jimi “Primetime” Smith (chroniqué ICI) en font autant sur deux de plus (et les baguettes de Wes Starr sur une de moins), avant d’énumérer le casting des autres guests. Lequel s’apparente plus que jamais à un bottin de la scène blues nord-américaine contemporaine. Jugez-en donc: outre Sugaray Rayford, Tia Carroll, Johnny Rawls, Oscar Wilson, Tony Coleman, Charles Wilson, Willie Buck, Carla Denise, Bob Margolin, Teeny Tucker, Kid Ramos, Johnny Main, Billy Flynn, Anthony Geraci, Nick Moss, Johnny Rapp, Ben Levin et Doug James, on y dénombre l’une des ultimes prestations du bluesman de Clarksdale, Pat Thomas (disparu l’an dernier en février). Le cocktail que nous a cette fois concocté Corritore se compose à 60% de Chicago Blues affûté (les shuffles “How’d Ya Learn To Shake It Like That”, les “Going Fishing” et “Down in Mississippi” de Jimmy Reed par Primetime Smith et Oscar Wilson, “Sorry I Had To Leave You Behind” par Charles Wilson – avec les six cordes incendiaires de Kid Ramos – ainsi que “Standing On The Bank” et le “Trouble No More” de Muddy Waters par Willie Buck), et pour 35% de vintage southern rhythm n’ blues (“Tell Me Darling” de Betty Everett et “Wild As You Can Be” par Carla Denise, sans oublier la plage titulaire par Tia Caroll – bénéficiant toutes trois de la pompe au sax de Doug James et de celle des ivoires de Geraci – ou encore le sincère et touchant “I Love The South” de Johnny Rawls, le twist facétieux “Pretty Girls Everywhere” par le vétéran Stroger, le remuant “Shoes” de et par Teeny Tucker, le poignant “She Might Need Me” de Joe Tex par Oscar Wilson – frontman des Cash Box Kings – et le déchirant “Blind Man Cry” De Sugaray Rayford), le tout rehaussé d’un doigt bienvenu de low-down Mississippi Delta (“Big Fat Mama” avec Pat Thomas) et de barrelhouse piano (“Troubles On Your Mind” de Henry Glover par Carla Denise, avec un Ben Levin impérial dans le rôle de l’auteur). Bref, ne manqueraient quasiment plus à l’appel que Lurrie Bell, Luther Tucker, Henry Gray, Louisiana Red, Barbara Lynn, Alabama Mike, Big Jon Atkinson, Diunna Greenleaf, Francine Reed et John Primer, pour que l’on tienne enfin un authentique best of de cette vaste série (initialement sous-titrée “From The Vaults”). En 55 minutes et seize plages bien tassées, Bob Corritore (dont l’harmonica incandescent illumine chacune d’entre elles) confirme donc bien cette fois encore sa vocation de porte-flambeau d’un blues et d’un rhythm n’ blues old-school et non frelatés. Et par conséquent, de bienfaiteur immémorial de l’humanité: top notch et généreux!
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, April 8th 2026
Follow PARIS-MOVE on X
::::::::::::::::::::::::::
I Love The South · Bob Corritore · Johnny Rawls
℗ 2026 VizzTone/SWMAF
Released on: 2026-03-13
Main Artist: Bob Corritore
Featured Artist: Johnny Rawls
Producer: Bob Corritore
Composer: Johnny Rawls
Music Publisher: Kazzie Publishing (BMI)