LIL’ ED & THE BLUES IMPERIALS – Slideways

Alligator / Socadisc
Chicago Blues
LIL' ED & THE BLUES IMPERIALS - Slideways

Dix ans que l’on était sans nouvelles de ce quatuor séminal du South Side de Chicago (sur le plan discographique du moins). Près de quatre décennies après leur formation, Lil’ Ed et ses comparses affichent donc désormais fièrement leur dizaine d’albums au compteur (tous chez Alligator), mais la question qui taraude désormais leur horde de fans disséminée à la surface du globe demeure, plus que jamais, “peuvent-ils encore le faire“? A savoir: si la route, les péripéties, les avanies et les aléas n’ont effectivement pas entamé leur camaraderie originelle, comment nos amis encaissent-ils désormais, après avoir été portés aux nues vingt ans durant en tant qu’espoirs et relève du bar-room slide boogie initié par Elmore James, Hound Dog Taylor et JB Hutto (oncle de Lil’ Ed, faut-il encore le rappeler?), d’en être désormais considérés comme les ultimes thuriféraires? Bref, selon le sempiternel adage, peuvent-ils encore être, après avoir tant représenté? La réponse cinglante à ces questions existentielles tient ici en moins de cinquante minutes et treize plages bien tassées. Dès le “Bad All By Myself” d’ouverture, on mesure en tout cas que la mécanique de la formation demeure soigneusement huilée: au second guitariste Mike Garrett, au demi-frère bassiste de Ed, James ‘Pookie’ Young et au batteur Kelly Littleton les fonctions rythmiques, tandis qu’échoient toujours à la slide du leader les acrobaties saturées en looping et salto arrière. Ce dernier partage les songwriting duties avec sa régulière, Pam, sur plus de la moitié des titres, pour en signer quatre à lui seul (ainsi qu’une dernière avec un certain Carmine Cervi), et le jeune prodige claviériste de Cincinatti, Ben Levin (chroniqué ICI, ICI, ICI, ICI et ICI) complète le line-up sur huit d’entre eux (que ce soit à l’orgue ou au piano). Les up-tempo shuffles façon “Dust My Broom” abondent toujours (“One Foot On The Brake, One On The Gas”, “13th Street And Trouble”, “If I Should Lose Your Love”), de même que les boogies incendiaires (“The Flirt In The Car Wash Skirt”, “You Can’t Strike Gold From A Silver Mine”), tandis que les rares slow-blues (“Homeless Blues” de Wille ‘Long Time’ Smith, et surtout le tétanisant “Wayward Women”) ne déméritent guère non plus en termes d’inspiration guitaristique. Dès lors, que “Make A Pocket For Your Grief” semble manifestement démarqué de “Got My Mojo Working”, et que “More Time” le soit  effectivement du “I’m Ready” de Willie Dixon (voire, que “Crazy Love Affair” emprunte un swing jazzy pulsé aux balais, pour offrir son guitar chorus à Mike Garrett, ainsi qu’un splendide solo de piano à Levin) ne revêt qu’une importance toute relative, puisque l’essentiel réside dans la persistance de cet idiome qui, de Robert Johnson jusqu’à nos jours (en transitant par Robert Jr Lockwood et Homesick James) perpétue la ligne vitale du blues urbain dans ce qu’elle préserve de plus cru et fondamental (cf. les dirty & funky “Cold Side Of The Bed” et “What Knd Of World Is This?”, que n’auraient sans doute pas dédaignés les regrettés Son Seals et Magic Slim). Bref, on ne change pas davantage de vieux briscards encore aussi vivaces que l’on ne peut le faire des rayures du zèbre, et si vous aimez votre Chicago-blues saignant et sans attendrisseur, rassurez-vous, cette adresse reste des plus pertinentes.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, February 23rd 2026

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Tracklisting complet:
1. Bad All By Myself
2. One Foot On The Brake, One On The Gas
3. The Flirt In The Car Wash Skirt
4. Homeless Blues
5. 13th Street And Trouble
6. Make A Pocket For Your Grief
7. More Time
8. If I Should Lose Your Love
9. Wayward Women
10. Crazy Love Affair
11. Cold Side Of The Bed
12. What Kind Of World Is This?
13. You Can’t Strike Gold From A Silver Mine