THE SHA LA DAS – Your Picture

Diamond West Records / Modulor
Pop, Soul
THE SHA LA DAS - Your Picture

À l’origine de cet improbable quartette familial et inter-générationnel de Long Island, il y a la rencontre de la smala Schalda et du bassiste, guitariste et producteur Thomas Brenneck (Sharon Jones & The Dap-Kings, Charles Bradley, Budos Band, Menahan Street Band), également complice de Dan Auerbach pour maintes récentes publications sur le label Easy Eye Sound de ce dernier (Robert Finley, Jon Muq, Jeremie Albino), ainsi que de Leon Michels chez Big Crown (El Michels Affair, Lady Wray) – toutes dûment chroniquées ICI, ICI, ICI, ICI et ICI. Entouré de ses rejetons Paul, Will et Carmine, le patriarche Bill Schalda publia en effet il y a sept ans un splendide one-shot, en la matière de l’album “Love in The Wind” (Dunham/ Daptone Records), largement encensé alors par la critique. Ancrées dans la tradition doo-wop (elle-même issue du gospel), leurs parties vocales s’inscrivent en effet à merveille parmi les tendances rétro-vintage qu’incarnent de nos jours des écuries telles que Colemine, Big Crown et Légère Recordings. Et à la découverte de ce sequel inespéré (inaugurant le catalogue de Diamond West Records, nouveau label initié pour l’occasion par Brenneck), on retrouve, intacte et immaculée, cette science d’une soul pop sixties dont les Californiens de The Sinseers nous avaient déjà livré une confondante recréation l’an dernier (chroniquée ICI). La marque de l’immense Curtis Mayfield circa The Impressions imprime ainsi les languides et irrésistibles “Do You Remember When”, “Stop Using My Love” et “In My Dreams”, puisqu’en dépit de quelques timides apports proto-psyché revendiqués (“Gonna Catch You”), c’est surtout chez Okeh avant 1967 qu’il faut chercher les racines de leur sound (notamment chez Major Lance et Walter Jackson, pour les patents “If You Want You Can Be My Girl”, “Your Picture” et “Six Eights Of Your Time”, castagnettes, bongos et flûtiaux inclus), ainsi que chez les Shangri-Las de Shadow Morton (“Young Love And Laughter”, “Catch You On The Rebound”), voire les Les Humphries Singers (“Some Kind Of Magic”) ou les Beach Boys (“Magic Mary”, “Made Me Change My Mind”). Avec ce nouvel artefact, The Sha La Das proposent en effet de nous faire voyager dans le temps à la manière de la proverbiale madeleine de Proust, et la performance tient ici quasiment du prodige.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, December 26th 2025

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