SELWYN BIRCHWOOD – Electric Swamp Funkin’ Blues

Alligator / Socadisc
Blues, Funk, Soul
SELWYN BIRCHWOOD - Electric Swamp Funkin' Blues

À peine âgé de 41 printemps, ce guitariste, chanteur et songwriter natif d’Orlando peut à bon droit se revendiquer de la relève du blues électrique actuel. Son huitième album depuis 2011 (et son cinquième consécutif chez Alligator, cf. chroniques ICI, ICI et ICI) le présente dans une verve et une forme olympiques, manifestement entretenues par ses prestations incendiaires en public (cf. sa récente et triomphale tournée européenne avec le panel du Chicago Blues Festival). Traumatisé tout jeune par les découvertes simultanées de Buddy Guy, George Clinton et Jimi Hendrix, ce sont les influences croisées de ces derniers qu’infusent les “The Eagle Has Landed” et “Church Of Electric Swamp Funkin’ Blues” introductifs (hand-claps, slide et wah-wah fusionnelles en tête). Des plages soul telles que les émouvants “Damaged Goods” et “Soulmate” (auxquels contribuent d’efficaces choristes) révèlent d’autres références encore (de Freddie King à Joe Louis Walker, en passant par les deux Albert, King et Collins), et les six cordes y tutoient allègrement le firmament. Le non moins funky “All Hail To The Algorithm” n’est pas sans rappeler les incursions de Johnny Guitar Watson en pareil registre (sa période DJM dans les seventies), tandis que la ballade “Labour of Love” prodigue un slow langoureux et délicatement cuivré, dont peu de crooners s’avèrent encore capables de nos jours. Le swampy boogaloo “Should’ve Never Gotten Out Of Bed” scintille d’une lap-steel aussi virevoltante qu’une guêpe piégée dans un bocal (non sans évoquer les prouesses du regretté Lowell George au sein de Little Feat), dont la morsure se prolonge au fil de “What I’ve Been Accused Of”, classic Chicago mid-tempo shuffle réminiscent d’Elmore James et Tampa Red comportant un éblouissant chorus de piano de John Hetherington (écoute prioritaire recommandée aux puristes). Sans relation avec l’historique formation new-yorkaise éponyme, “Talking Heads” s’apparente davantage à la geste des Meters: genuine Nola funk ahead (avec cuivres chauffés à blanc, clavinet millésimé, orgue Hammond juteux et nouvelle démonstration guitaristique à décorner les buffles). Notre homme conclut sur l’hymne touchant et militant “The Struggle Is Real”, entre Sam Cooke et Curtis Mayfield (avec une touche du “Tears In Heaven” de Clapton sur le refrain). Affranchi cette fois de la houlette du pourtant roué Tom Hambridge, Selwyn assure seul la production de cet album de soul blues sincère et viscéral, dont la modernité assumée ne rompt toutefois à aucun moment le fil de la tradition. Satisfaction and emotion guaranteed!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, March 25th 2026

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