| Americana |
Découvert dans ces colonnes il y a six ans lors de son splendide quatrième album, “Solo” (chroniqué ICI), on ne pourra pas accuser ce singer, songwriter et guitariste américain de saturer le marché, puisque voici seulement sa troisième production depuis (et encore, si l’on y inclut son album collectif avec Martin Harley et Daniel Kimbro paru début 2022, et chroniqué ICI). Après son “Superposition” de 2024 qui nous avait moins impressionné (chroniqué ICI), c’est avec espoir et soulagement qu’on le retrouve à présent sous la houlette du producteur et multi-instrumentiste Joe McMahan (qui officiait déjà sur le “Harley-Kimbro-Lewis” précité). Enregistrées dans le studio de ce dernier à Nashville, ces onze nouvelles pépites recouvrent en effet la verve et l’inspiration qui nous avaient tant séduits naguère chez Sam Lewis. Avec le seul recours de la pedal-steel et de la guitare électrique de McMahan, le “Chase The Moon” introductif restitue le picking savant et délicat de Lewis, tandis que ce dernier égrène de son timbre placide cette comptine réminiscente des fables dont nous abreuvaient certains J.J. Cale et Robert Zimmermann aux temps de leurs “Naturally” et “John Wesley Harding” respectifs. Dans la même veine, “I Know” en prolonge le charme, tandis que la plage titulaire accueille une tranquille section rythmique et de discrets arrangements de cordes, rappelant les tentatives folky orchestrales des regrettés Ronnie Lane et George Harrison, voici plus d’un demi-siècle. Retour au duo Lewis-McMahan pour le three-steps languide “Nothing Could Break Us Apart” ainsi que “Old Love”, qui n’auraient déparé ni l’un ni l’autre au répertoire de honkies tels que Hank Williams et Ernest Tubb. Dédié à son félin domestique, le bref instrumental “Lischey’s Retreat” nous rappelle à bon escient que Sam demeure l’un des disciples les plus accomplis de Mississippi John Hurt, tandis que le malicieux et chaloupé “My Life Living Me” (soutenu par des bongos alertes) et le calypso “Making It Up” (s’ouvrant sur l’imparable vers “I don’t believe in love, but I believe in you” – et seconde plage à bénéficier de la basse de JT Black et de la batterie de Derek Mixon) rappellent la facture anti-folk de Jonathan Richman, Jeffrey Lewis et Herman Düne. Avec pour guest la chanteuse Judy Blank, l’éthéré “The Light” évoque pour sa part la geste de géants disparus tels que John Prine et Townes Van Zandt, de même que le désabusé “I’ll Never Be Enough For You” et le mélancolique “Three County Highway” conclusif. Avec ce second coup de maître en six ans, Sam Lewis confirme en tout cas son inscription définitive au rang prestigieux des artistes essentiels de notre temps.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, February 17th 2026
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UK tour, March 2026:
Monday 9 : Cafe# 9, SHEFFIELD
Wednesday 11 : Rum Shack, GLASGOW
Thursday 12 : The Cluny 2, NEWCASTLE-UPON-TYNE
Friday 13 : The Witham, BARNARD CASTLE
Saturday 14 : The Met, BURY
Tuesday 17 : Green Note, LONDON
Wednesday 18 : The Folklore Rooms, BRIGHTON
Thursday 19 : Norwegian Church Arts Centre, CARDIFF
Friday 20 : Avalon Acoustic Sessions, GLASTONBURY
Saturday 21 : The Pound Arts Centre, CORSHAM
Sunday 22 : Ashmore Village Hall, SALISBURY