| Soul Jazz |
Originaire de la région napolitaine, le guitariste Alessandro Florio a publié plusieurs albums en tant que leader, parmi lesquels figurent “Back To The Blue Coast” (AlfaMusic/ Egea, 2020) et “Roots Interchange” (2015), enregistré en Italie et aux États-Unis avec les Américains Pat Bianchi à l’orgue Hammond et Carmen Intorre Jr. à la batterie (tous deux anciens membres du Pat Martino Trio). Après avoir obtenu son diplôme de la Civica Scuola di Jazz de Milan, Florio débuta sur la scène jazz de son pays, se produisant brièvement avec le Guitar Ensemble de Franco Cerri, et quatre ans durant avec l’Urban Jazz Trio. Établi aux Pays-Bas en 2008 pour y étudier au Conservatoire Prince Claus (prestigieuse institution dirigée par des professeurs américains), il y obtint une licence en guitare, arrangement et composition, avant de prolonger ses études par un master en interprétation jazz, entre les Pays-Bas et New York. Au fil de sa carrière, il a pu collaborer, enregistrer et se produire en Europe, aux États-Unis et en Asie avec des musiciens de la stature d’Alex Sipiagin, Mark Gross, David Berkman, Freddie Bryant, Gene Jackson, Don Braden, Greg Cohen, Bruce Williams, Fabrizio Bosso, Stefano Di Battista, Flavio Boltro, James Senese, Tony Esposito, Franco Cerri, Giovanni Amato et bien d’autres. Plus de dix ans après son premier album en trio guitare orgue-batterie, il revient à cette formule, avec cette fois Kyle Koehler au Hammond B3 (mais toujours l’excellente Carmen Intorre Jr. à la batterie), ainsi que le renfort de la vocaliste Laura Taglialatela et du saxophoniste Troy Roberts (Joey DeFrancesco, Kurt Elling). En cette période où, grâce à des formations telles que le Delvon Lamarr Organ Trio, Cookin’ On 3 Burners, Jake Mason Trio et The Honnet Brothers (tous dûment chroniqués ICI, ICI, ICI et ICI), la cabine Leslie revient au goût du jour, Alessandro insuffle à cette niche (initiée en son temps par des pionniers tels que Jimmy Smith, Jimmy McGriff et Brother Jack McDuff, et vulgarisée via la scène mod sixties par Booker T. & The MGs, Brian Auger, Georgie Fame et Graham Bond) sa patte jazzy (certes plus proche de celles de Kenny Burrell, Barney Kessel et Wes Montgomery que de Steve Cropper et Grant Green), tandis que les touches et pédales de Koehler n’ont rien à envier à celles des maîtres précités. Ne répugnant pas à puiser dans sa propre canzone vernaculaire (“Reginella”, “Come Pioveva”), notre guitariste n’en dédaigne pas pour autant ce sixties groove où s’ancre la tradition désormais canonisée du genre (“Taneda” et son sax virevoltant), tout en proposant de jubilatoires relectures du “Born To Be Blue” de Mel Torme (brillamment interprété par Laura Taglialatela) et du “Trouble #02” de Stanley Turrentine, pour confirmer que le jazz qui se danse ne renvoie pas forcément aux frères Dorsey, ni à Benny Goodman et Glenn Miller.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, April 10th 2026
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