THE JANA’S – LAM – LIVE AU LEDA ATOMICA MUSIQUE

LES DISQUES TCHOC
Rock 'n roll
THE JANA’S - LAM - LIVE AU LEDA ATOMICA MUSIQUE

Troisième opus pour The Jana’s, groupe vitaminé et drastique de Marseille, avec comme principal attrait qui séduit et subjugue le plus indécrottable des icebergs qui dérive sur la banquise, pourtant habitué à tourner les talons et à hausser les épaules devant toutes formes de charme, alliant sensualité et talent, et tel Ulysse, rompu à demeurer hermétique à l’ivresse des profondeurs et au chant envoûtant des sirènes, non pas celles issues de la mythologie grecque, mais d’une en particulier, une sirène irrésistible et ensorcelante issue de la légende du rock’n’roll, qui fait le grand écart entre les Philippines et les calanques de la cité phocéenne (quelle souplesse des adducteurs!): je veux bien évidemment parler de la sublime chanteuse du groupe (dans tous les sens du terme, et même au-delà), qu’on appelle affectueusement Jana (Diana Biscari). Ajoutez à ce line-up idyllique, la présence rassurante et indispensable du maître des lieux, du taulier qui détient jalousement les clés du paradis et tous les secrets d’un rock classieux (pour paraphraser Gainsbourg), je veux bien entendu parler de l’incontournable et inoxydable Dan Imposter (Daniel Sani) himself. Oui, celui qui chante à merveille les textes de Jean-William Thoury (ex figure de proue du groupe Bijou, album chroniqué ICI), les bikinis Vichy, le parfum suave des filles canailles ou encore la bimbo de Bombay et qui mériterait amplement d’être statufié de son vivant, guitare en bandoulière et arcbouté sur son pied de micro, sur le parvis du stade Vélodrome, à la place de l’inénarrable Tapie (rien que le fait d’évoquer son nom me procure des crises d’urticaire aigües), au gré du Mistral et du survole des mouettes rieuses faisant des infidélités à leur terrain de chasse préféré qu’est le vieux port. Sans occulter une rythmique métronomique, solide et à la précision chirurgicale d’une montre Suisse, avec les excellents (Batmen, autre groupe du prolifique catalogue des disques Tchoc qui propose une multitude de purs joyaux, à faire pâlir d’envie celui de la maison Van Cleef & Arpels) Frédéric Vaillant (basse) et Jean-Michel Gambino (batterie), sans qui, rien ne serait possible. C’est une lapalissade, mais Daniel Sani a plus d’une corde à son arc, plus d’un riff de rock’n’roll dans son escarcelle et plus d’une idée sortie de son cerveau fécond et perpétuellement en ébullition. C’est une évidence, mais Jana (au risque de me répéter inlassablement), est sans conteste la plus belle voix féminine d’une certaine idée du rock, actuellement dans l’hexagone, et j’ajouterais sans sourciller, de très très loin… Un rock qui allie le côté panthère sauvage d’une jungle urbaine, l’énergie démesurée et colossale et le courage sans limite d’une gladiatrice romaine, le charme asiatique et le mystère des Philippines, la sensualité et le glamour sans en faire des tonnes. Jana utilise sa voix aux moult tessitures à donner le frisson et à remuer nos cinq sens au plus profond, voire au-delà, sans qu’Aristote ait l’outrecuidance de me contredire, car je sais pertinemment qu’il est fan inconditionnel de Jana et qu’il n’est pas insensible à sa beauté vénitienne, elle utilise sa voix disais-je, comme on utilise un instrument de musique à part entière. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée prochaine du printemps, j’ai décidé d’être gentil, consensuel, clément et miséricordieux avec ses contemporaines, dont certaines de ces infortunées se donnent un mal de chien à essayer en vain de rivaliser. Mais pour moi, il y a Jana au sommet du panthéon, et il y a les autres… qui s’agrippent désespérément à l’édifice comme à une planche savonneuse d’Intervilles, poursuivies par la vachette aux cornes aiguisées, pour exister un tantinet, devant les Guy Lux, Simone Garnier et Léon Zitrone incrédules et circonspects, dans un silence assourdissant, synonyme de mansuétude et de bienveillance.

Après les remarquables albums de The Jana’s Dan Imposter Meets Jana chroniqué ICI par votre serviteur et Come See Me chroniqué ICI, qualifiés d’indispensables par la rédaction de Paris-Move, c’est logique que le troisième album soit un enregistrement live, étant donné que The Jana’s s’avère être véritablement un groupe de scène, en perpétuelle recherche de l’épreuve physique et du rapport privilégié avec le public en transe chamanique. Car sur scène, il n’y a pas de place pour les tricheurs et autres usurpateurs. The Jana’s se produit sans filet, comme les trapézistes, les acrobates et les équilibristes casse-cou de la grande époque du cirque Medrano.

L’album a été enregistré le 20 décembre 2024 au Leda Atomica Musique de Marseille, avec un condensé des deux premiers albums, agrémenté de curiosités d’une totale réussite comme Roller Girl de Serge Gainsbourg par exemple… On retrouve des titres incontournables du répertoire de The Jana’s comme Come See Me des Pretty Things de Phil May et Dick Taylor, Hush de Billy Joe Royal, These Boots Are Made For Walking de Nancy Sinatra, The Last Time des Stones, etc… Daniel Sani, guitariste émérite et remarquable, se situant entre Vincent Palmer (Bijou) pour l’énergie communicative et Chris Spedding pour le feeling, est tellement précieux, qu’on devrait le déclarer solennellement d’intérêt public, rembourser ses prestations par la sécurité sociale et l’inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO. Quant à la monumentale et homérique Jana, elle est la résurrection divine et surnaturelle de Janis Joplin, Amy Winehouse et Tina Turner, le charme et le magnétisme en plus! Indubitablement, c’est une chance inouïe de posséder en France une chanteuse de rock’n’roll de cette dimension. Merci à The Jana’s d’exister, tout simplement, merci infiniment à Jana et Daniel de distiller du plaisir simple qu’on appelle rock’n’roll!
Album INDISPENSABLE à acquérir dans les meilleurs délais et la facture est à envoyer à votre mutuelle complémentaire! C’est ça, la bonne médecine pour soigner les maux…

Serge SCIBOZ
Paris-Move

PARIS-MOVE, March 15th 2026

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Dan Imposter Meets Jana chroniqué ICI (et noté “indispensable”)

Come See Me chroniqué ICI (et noté “indispensable”)