THE FLYNTS: Tame The Flame – Genuine Live In Brussels

Autoproduction / Inouïe Distribution
Heavy Rock
THE FLYNTS - Tame The Flame - Genuine Live In Brussels

Qui se souvient encore des Strypes? Apparu en 2010, ce jeune quatuor irlandais avait rapidement affolé le Landerneau rock, en réactivant le son et l’attitude des premiers The Jam et Dr. Feelgood, et d’Elton John à Jimmy Page (en passant par Wilko Johnson), le gratin de l’âge d’or du rock britton ne tarissait pas d’éloges à leur égard. Après un premier album des plus prometteurs (restaurant inopinément l’esprit pub-rock de leurs glorieux aînés), advint hélas ce qui mine fréquemment maints talents trop tôt révélés. Sans doute grisé par la rapidité de leur ascension, leur guitariste, Josh, prit la grosse tête, et s’imaginant d’évidence promis à une glorieuse carrière solo, quitta le navire au milieu du gué. Patatras, et foin des fols espoirs unanimement placés en cette comète, qui ne brilla in fine que ce que durent les lucioles. Le rapport avec The Flynts? Eh bien, hormis le Y commun à leurs patronymes respectifs (comme chez les Byrds), une certaine similitude de parcours, du moins de prime abord. Résumé: fin juillet dernier (soit il n’y a que deux mois à peine), nous portions à votre connaissance l’irruption d’un jeune quartette belge, dont le son, l’inspiration et l’attitude renvoyaient singulièrement à ceux en vigueur lors de la première moitié des seventies. En moins de deux ans, ces garçons ont en effet trouvé moyen d’enregistrer non seulement un EP remarqué (chroniqué ICI), mais de remplir à bloc en deux modestes semaines de prévente la mythique Ancienne Belgique de la capitale d’Outre-Quiévrain. On annonçait dès lors la parution imminente de l’enregistrement de ce concert d’anthologie, et on en trépignait d’avance… Or, peu avant même la fin de l’été, la rumeur se mit à bruisser parmi les milieux autorisés: deux des membres fondateurs de ce quarteron d’effrontés venaient de faire dissidence. Ce qui semblait indiquer que cet album live risquait fort de ne constituer que l’épitaphe, certes honorable mais néanmoins funeste, d’une aventure qui semblait pourtant jusque là engagée sous les meilleurs auspices. Bis repetita, en somme, et sic transit gloria mundi, comme l’ânonnent à chaque naufrage les pirates chez Astérix. Avant l’épilogue annoncé de cette saga, tentons néanmoins déjà de nous pencher sur ce “Tame The Flame – Genuine Live In Brussels”, capté donc le 31 mars dernier, quand rien ne semblait présager le dénouement précité. L’introductif “Stand Out” attaque d’emblée avec la sauvagerie qu’aurait pu engendrer une session où le James Williamson de “Raw Power” serait passé vampiriser Bad Company. Et l’on ne peut que rendre hommage aux guitares abrasives du tempétueux Boris Iwanov, ainsi qu’à la rythmique implacable que lui assurent la basse de Luca Galet et le drumming exalté de l’inénarrable Gaël Thiry. L’ultra-zeppelinien “Smoke & Mirrors” (qui venait alors de sortir en single) confirme ces atouts, auquel on ne peut manquer d’ajouter le registre aussi puissant qu’étendu des vocals de Raphaël Rufo. De son riff acéré à ses ponts choraux, “Black Leather” (déjà mentionné lors de notre chronique de “First Spark Deluxe”) évoque autant les Stones millésimés que l’Alice Cooper Band de “Killer”, tandis que l’ombre du Dirigeable plane sévèrement sur nombre d’autres plages encore (de “Evil” à “Mystic Dreams”, en passant par “Sacred Flint”, “Everyone”, “Gypsy” et “Silk Road”). À l’instar de leurs modèles, nos amis s’y entendent également pour alterner heavy-tunes et passages plus intimes, comme en attestent ici “Farewell” et le “Rainman” conclusif. Outre le Zep, Sabbath et Steppenwolf, leurs références comprennent également l’historique Mountain de Leslie West, Felix Pappalardi et Corky Laing, dont ils reprennent ici avec brio le “Mississippi Queen”, mais ce sont bien leurs propres titres qu’ils parviennent ici à faire entonner en chœur par leur public survolté (cf. “Tea Party” et “White Lava”). Alors, au regard d’un tel bilan, ne serait-on pas fondé à parler de gâchis? Hola, pas si vite. En effet, si cette séparation nous désappointe quelque peu, elle eut au moins le mérite d’avoir été habilement préparée, et s’ils se quittent apparemment bons amis, les deux membres originels restants (Gaël et Raphael) ont su prestement recruter les remplaçants des démissionnaires. Il s’agit de Guillaume Lamont (guitare) et Matthijs Machtelinckx (basse), et ce nouveau line-up s’est même déjà récemment produit au Raismes Festival. Tandis que l’on nous annonce même un prochain album (cette fois en studio, mais toujours sous la houlette de Mario Goossens, batteur de Triggerfinger déjà à l’œuvre sur leur EP séminal), nous sommes donc soulagés de pouvoir conclure sur un “À suivre” plutôt qu’un “The end” (patrie de la BD oblige).

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, September 28th, 2026

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