Paul Péchenart – J’attends l’été

JUSTE UNE TRACE
Rock
Paul Péchenart - J'attends l'été

Quoi de mieux qu’une splendide étoile de mer pour mettre en relief le nouvel album du singulier et précieux Paul Péchenart intitulé J’Attends L’Eté (Juste Une Trace). Pour faire suite à son opus de 2023, Mon Coin De Ciel, chroniqué dans ces colonnes par votre serviteur ICI, Paul Péchenart, le rocker-poète à la sensibilité exacerbée, témoin privilégié et oculaire des sarcasmes et des voluptés de la vie, nous revient avec son 8ème album, dans la même lignée que le précédent, filiation spirituelle des esthètes à fleur de peau, qui promènent leur vague à l’âme d’arrière-cours glaciales de bistrots aux gares les plus austères où même les trains ne s’arrêtent pas. Membre-fondateur des Dogs de Rouen too much class… (1973), en compagnie des regrettés Dominique Laboubée, Michel Gross et Zox, puis premier couteau chez Larry Martin Factory, dorénavant la musique de Paul Péchenart se situe aux antipodes des riffs endiablés des Stooges, des Rolling Stones ou des premiers balbutiements canins du côté de la cave de Mont-Saint-Aignan, dont les murs portent encore les stigmates d’un rock sans concession d’une utopie collective prête à en découdre avec l’immobilisme d’un système asphyxiant. Ne vous attendez pas à la fureur des Pete Townshend ou Keith Richards, dont les déluges de décibels flirtent souvent et dangereusement avec le seuil de l’audition humaine, ni à des cordes vocales arrosées au Jack Daniel’s ou au Southern Comfort dès le petit déj’ façon Bon Scott ou Lemmy Kilmister, mais plutôt à la délicatesse d’un Darjeeling ou d’un Pouilly-Fuissé. Paul Péchenart est le prototype de la chanson-rock estampillée sans édulcoration superflue et de qualité supérieure. Une sorte de docteur ès-sciences en sociologie et en poésie urbaine des faubourgs et des zincs, loin des guitaristes à deux balles, bavards et égocentriques, dénués de groove et de feeling, ou des chanteurs insipides de kermesses et d’inauguration de Castorama, entre flonflons municipaux et odeurs de merguez Lidl et de Kronenbourg tiède, qui n’attendent jamais l’été et qui ne regardent jamais la mer. Paul Péchenart chante avec une crédibilité sans faille et avec une conviction de premier ordre, la vie qui joue au yoyo, le froid de l’hiver, la brume du soir, les nuits sans lune, le soleil qui ne veut pas se lever, les bistrots sordides à attendre des jours meilleurs, la pluie qui tombe inlassablement, les changements de saison avec les précisions chirurgicales d’un spécialiste des phénomènes atmosphériques… mais toujours avec optimisme et avec la lumière au bout du tunnel. Paul Péchenart voit toujours le verre à moitié plein, plutôt que le verre à moitié vide. Bref, attendre l’été avec opiniâtreté, attendre la montée du mercure, la danse des poissons et que le bleu du ciel reprenne son apparence, et à l’instar de Dominique Laboubée et des Dogs, attendre la belle saison et que reverdisse le gazon, pour ressortir les chemises à fleurs et siroter une tequila sunrise. Une fois de plus, Paul Péchenart s’est entouré d’une remarquable dream team, avec Paul Péchenart Junior (guitares), Esteban Avellan (basse), Théo Bertou (batterie) et François Casaÿs (claviers). Comme à l’accoutumée, l’ex Dogs prouve, si nécessaire, qu’il se situe, sans en faire des tonnes, au panthéon des poètes-rockers, des sublissimes auteurs-compositeurs-interprètes, et le facteur X des guitaristes subtils. Encore un album INDISPENSABLE de Paul Péchenart, pour voyager à travers les saisons avec allégresse sans quitter votre sofa, traverser les tempêtes et autres tsunamis sans bémol, et attendre l’été sereinement en passant entre les gouttes…

Serge SCIBOZ
Paris-Move

PARIS-MOVE, March 10th 2026

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