| Jazz |
Dirigé par le trompettiste et compositeur Léo Jeannet, le Panoramic Orchestra est un ensemble de douze musiciens (neuf cuivres, un contrebassiste, un guitariste et un batteur) qui accueille à présent sept pianistes invités, comptant toutes et tous parmi les plus prometteurs solistes et compositeurs de la nouvelle vague du jazz en France. Interprétant chacun(e) et chacun leur tour une de leurs propres compositions, ils en délèguent les arrangements aux deux leaders du Panoramic, Léo Jeannet (trompette, bugle et direction artistique) et Guillaume Guedin (sax baryton, direction). C’est au romantique Enzo Carniel qu’il advient d’ouvrir le ban avec son “Arc”. Introduit en majesté par une aria de cuivres en canon, ce dernier s’y voit relayé par la guitare électrique d’Ivan Quintero, tout en déployant une performance à laquelle section rythmique et cuivres apportent une brillante contribution. Il cède ensuite le pas à la volubile Clelya Abraham (chroniquée ICI et ICI), dont le “Padjanbel” (initialement paru il y a quatre ans sur son album “La Source”) prend ici les accents d’une farandole façon Jacques Demy et Michel Legrand, avec ses vocals en scat et ses cuivres en cascade. De (et par) Sandrine Marchetti, “Eileen” se révèle pour sa part une sonate, dont le cœur consiste en un émouvant solo de son autrice, progressivement rejoint par des cuivres tout en délicatesse (ainsi que la guitare expressive de Quintero), tandis que le “Haz” de Alexis Bajot-Nercessian déploie tout d’abord un lyrisme quasi-bessarabien, avant d’exploser en funk est-européen façon Goran Bregovic. Avec “Les Nuits d’Avril” (14’57), Estreilla Besson signe la pièce de résistance de ce recueil, se déclinant en trois mouvements sur un mode ravélien où l’on croit aussi déceler l’influence d’un Andy Emler (circa Megaoctet), tant les cuivres y sont lâchés sur la fin. L’accalmie qu’apporte le “Contemplation” de Delphine Deau assume bien son titre, et par-delà son introduction cuivrée doucereuse, la pianiste y exprime une dextérité ourlée, n’excluant toutefois pas un certain lyrisme. Sur un funk beat placide mais déterminé, le “13h11” d’Étienne Manchon conclut l’ensemble avec entrain, offrant aux vents leur ultime billet de sortie. Si vous imaginiez le temps des big bands révolu, et si cette notion ne vous évoque plus (au mieux) que Count Basie et Duke Ellington, le Panoramic Orchestra a toutes les chances de vous amener à réviser votre jugement. Car croyez-nous, sa musique ne comporte rien de suranné: voici un enregistrement célébrant in fine autant les ivoires que ce que peuvent leur apporter les anches, le tout serti sur un écrin d’arrangements aussi inventifs qu’audacieux. Ne reste plus qu’à signaler son superbe artwork, inspiré de l’artiste batave M.C. Escher!
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, February 10th 2026
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Superbe artwork, inspiré de l’artiste batave M.C. Escher:
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