| Folk-Blues |
Pour son cinquième album à ce jour sous la bannière Dixiefrog, le bluesman maori se présente quasiment à nu, n’accompagnant son timbre vocal rugueux que d’une guitare acoustique amplifiée et d’un simple cajon. Conformes à ses prestations en solo intégral, ces enregistrements précédèrent en effet de peu ceux de son tout premier disque solo (“Awa Blues”, début 2021, chroniqué ICI), quand le second confinement lié au Covid l’empêchait encore de se produire en public. En conséquence, on y retrouve, en versions dépouillées, certains titres destinés alors à cet album séminal (“Tough Love Mumma”, “My Baby”, “Addiction”, “Better Day”). Introduite par un “Bad Man” effréné rappelant les tout débuts de Taj Mahal (et où la virtuosité de Grant sur son manche saute littéralement aux tympans), cette série se poursuit avec un “So Lonely” ne devant rien au Sting de Police, mais dont la frénésie évoque autant celles de John Butler que de Keziah Jones. Le picking fiévreux qui infuse “Knucklehead” et “Got Something” s’avère ainsi d’une véloce et tétanisante intensité, à même de traumatiser jusqu’aux bluegrass players les plus aguerris (un peu comme du J.J. Cale sous speed, image requérant certes un conséquent effort de représentation). En comparaison, les tendres versions de “Better Day”, “My Baby”, “This Is The Place” et “Addiction” ne sont pas sans rappeler les débuts de Keb’ Mo (ce qui ne devrait pas manquer d’alerter les amateurs du genre). Captée en studio dans les conditions d’un live, cette rondelle nous ouvre une porte sur l’intimité d’un bluesman des antipodes à la singulière sincérité.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, March 8th 2026
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