DAVID COLLER – When Summer Comes

Upstart Yankee Records
Bluegrass, Folk
DAVID COLLER - When Summer Comes

On ne pourra pas accuser ce vétéran de la scène folk US de saturer le marché avec ses créations, puisque voici seulement son second CD en plus de trois décennies. Singer-songwriter et principalement guitariste, David Coller exerça longtemps dans la médecine d’urgence, avant qu’à l’invitation d’un ami, il ne se résolve à réactiver sa carrière musicale il y a quelques années. Se produisant essentiellement dans sa région d’élection, le Connecticut et le Massachussets (ainsi que sur la Côte Ouest dont il est issu), c’est dans le studio que gère son ami bassiste Mark Dann à Woodstock qu’il a enregistré ces quinze chansons originales. Entouré d’une demi-douzaine de musiciens, c’est toutefois a capella (avec le concours de sa régulière, Diane Chodkowski, aux chœurs) qu’il ouvre le ban avec le bref “Let Nothing Come Between Us” introductif, suivi du délicat “Lillian’s Voice”, où sa voix claire se détache sur les arpèges de sa guitare et le violon langoureux qu’y imprime Rani Arbo. Le drumming léger d’Eric Parker s’invite ensuite sur “Tucson”, où l’on peut apprécier le picking agile de David, ainsi que son sens évident du storytelling. La plage titulaire s’avère un three-steps country languide, nimbé de la pedal-steel de l’émérite Rusty Park et du violon sensible de Sara Milonovich, et “Wherever You Are” en prolonge l’esprit selon un mode plus dépouillé (avec les chœurs de Diane et les arpèges de David). Fréquents recours métaphoriques, la météo et le calendrier inspirent également notre auteur, puisqu’après l’attente de l’été, “Balance Of The Season” débouche ensuite sur “Winter’s Here” (que David exécute au banjo, et où Mark Dann s’autorise un bref mais savoureux chorus de basse). Sous-tendu de l’accordéon de Brian Mitchell et du violon de Sara, l’émouvant “I’ll Take The Moon” se rapproche de la chanson rive-gauche des trop oubliés Cora Vaucaire et Francis Lemarque, tandis que le ragtime “We’re Sinkin'” évoque la facture badine de Cole Porter, et “Trouble/ Liberty” celle du bluegrass des Stanley Brothers. David interprète seul le réflexif “Small Blue Island” (digne de Pete Seeger), avant que l’enjoué “Why Not Today” ne plaide en faveur du retour d’un amour perdu, ravivé par un troublant hasard. “Sorry Blues” emprunte la tournure des antiques ritournelles swing dont Scott Joplin et Jelly Roll Morton faisaient leur ordinaire, avant qu’avec sa galerie de portraits façon Ray Davies et son accordéon, le nostalgique “Class Of ’63” ne jette un regard appuyé dans le rétroviseur. David conclut sur le malicieux “Goodbye, Goodbye”, comptine vouée à l’émancipation de toute contrainte sociale. Augmenté d’un livret bienvenu en transcrivant l’ensemble des lyrics, voici donc l’album inespéré d’un artisan aussi sincère et minutieux qu’inspiré. Mieux vaut tard que jamais!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, March 18th 2026

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