| Power Pop |
À ne surtout pas confondre avec le personnage qu’incarnait sur le petit écran Tony Curtis dans la série “Amicalement Vôtre” (et encore moins avec sa quasi-homonyme, la blues-rocker britannique Dani Wilde), ce Danny Wilde-ci (né Daniel Thomas voici bientôt 70 ans dans le Maine, aux States) connut un bref (mais néanmoins retentissant) succès au sein du duo soft-rock californien The Rembrandts, au tournant des nineties (cf. leur entêtant “Just The Way It Is, Baby”). Il avait débuté quinze ans plus tôt avec The Quick, avant de fonder en 1981 le quartet power-pop Great Buildings avec Phil Solem (lui aussi multi-instrumentiste), qui enregistra un unique album pour Mercury. C’est avec ce même Phil que les Rembrandts commirent ensuite six LPs selon des configurations diverses, mais entre-temps, Danny s’était risqué à une carrière solo, dont notre émérite label national Bad Reputation a déjà réédité le premier opus, “The Boyfriend” (paru chez Island en 1986). Ne se démettant pas si facilement, Éric Coubard, boss du dit label, parachève cette œuvre de réhabilitation en assénant en un même brelan ses deux albums suivants (initialement parus sur Geffen, et respectivement datés de 1988 et 1989), assortis d’un live inédit et d’un copieux livret en incluant les lyrics. Entre les Tom Petty et Moon Martin d’alors, les “Time Runs Wild” et “The Stuff That Dreams Are Made Of” qui ouvrent “Any Man’s Hunger” et son album éponyme s’avèrent représentatifs de leur époque, où l’essor des college-radios promouvait une power-pop énergique bien que relativement assagie, à destination des jeunes adultes d’alors (rappelons qu’à la même période, le même Geffen avait remercié les Plimsouls en rase campagne après avoir tenté en vain de les imposer au grand public, tandis que des formations telles que les Bangles en aseptisaient la formule en l’infléchissant d’une touche glamour et sexy). Des ritournelles comme “Wouldn’t Be The First Time”, “Too Many Years Gone By” et “Set Me Free” (sans rapport avec les Kinks, qui sillonnaient alors les stades en une sinistre parodie du rock bourrin ambiant) taquinent en effet la fibre populaire, tandis que les plus matures “Every Goodbye”, “This Old Town”, “Wouldn’t Be The First Time”, “Cut From Stone”, “Who’s Gonna Hold You Now” et “We Don’t Have To Say Goodbye”, ainsi que l’imparable “Bitter Moon” et la plage titulaire, assument davantage les références ultimes de Danny (les Byrds, Roy Orbison et Ritchie Valens en tête), et que quelques rocks bien sentis décochent même certains riffs stoniens (“Contradiction”, “In A Border Town”, “With All Your Might”, “Velvet Chains”, “My Girl”). Capté le 20 juin 88 (sans plus amples détails), le bonus live musclé propose six extraits de “Any Man’s Hunger”, augmentés des hits “Isn’t It Enough” et “Sure As Today” issus de son prédécesseur. À noter pour les exégètes: le premier de ces disques fut en partie capté aux fameux Rockfield Studios de Monmouth au Pays de Galles (là où Dave Edmunds produisit notamment le “Shake Some Action” des Groovies ainsi que le premier, le troisième et le cinquième Stray Cats, et Bert de Coteaux le fatal “Sneakin’ Suspicion” de Dr. Feelgood), tandis que Peter Frampton assure en personne la lead guitar sur l’hymne “California Sunshine”. Bref, s’il vous prenait l’envie subite de réactiver la DeLorean du Doc de “Retour Vers Le Futur” en fixant le timer sur 1988, en voici la bande son idéale.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, May 10th, 2026
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