BEI BEI – Two Moons

Bei Bei Time Productions
Electro-World
BEI BEI - Two Moons

Lauréate de moult prix et récompenses internationaux depuis ses débuts professionnels dans son pays d’origine (la Chine), Bei Bei Monter (荷蓓蓓, née He) est reconnue comme ambassadrice éminente du guzheng et du guqin (instruments asiatiques plus de deux fois millénaires, s’apparentant à la famille des harpes et sitars: le premier comprend douze cordes, et le second sept). Après avoir poussé le plus loin possible ses études musicales (de Pékin à Hong-Kong, jusqu’en Californie), elle s’est établie à Los Angeles où elle s’est rapidement immergée parmi la foisonnante scène locale (y épousant le guitariste Jon Monter, et collaborant notamment avec l’industrie du divertissement, tout en menant de front une carrière solo et se produisant avec sa propre formation, de même qu’au sein du Vivid China Ensemble et du Pacific Symphony). C’est ainsi qu’on put l’entendre aux côtés de Christina Aguilera sur la bande originale du long-métrage animé “Mulan” de chez Disney, et qu’elle figure aux génériques de divers spots publicitaires et jeux vidéos (tout en dirigeant par ailleurs sa propre école de formation à la pratique d’instruments vernaculaires, et en composant également pour des chorégraphies). Après avoir longtemps collaboré avec le multi-instrumentiste et producteur américain Shawn Lee (basé à Londres, et chroniqué ICI), c’est en partenariat avec le concepteur electronica Paul Elliott qu’elle réalise à présent ce “Two Moons” où se rejoignent tradition millénaire et orchestrations contemporaines, de même qu’Orient et Occident. Si la prédominance y revient indéniablement aux instruments traditionnels acoustiques précités (que ce soit sur le plan des textures ou des mélodies), le subtil habillage électro que leur prodigue Elliott, loin de les pervertir ou de les engoncer (comme aurait pu le faire un traitement dub ou house basique) en sublime au contraire le caractère atavique (cf. “Gaoshan Electronica” ou encore “Cruising In Snow”). Entre scores exotiques (on songe parfois au regretté Ryuichi Sakamoto) et métissage façon Nusrat Fateh Ali Khan, Can ou Calexico (“Shangai Dreams”, “Silk Soiree”), cet album se révèle in fine bien plus profond qu’un simple avatar de “J’irai déguster du nuoc-mam sur ta console“, tout en réussissant le pari de demeurer étonnamment accessible. Lumineux et fascinant à la fois.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, July 19th, 2026

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