11 GUYS QUARTET – 11 x 11

Vizztone
Blues
11 GUYS QUARTET - 11 x 11

Ils nous avaient fait bonne impression avec leur précédente livraison (alors 100% instrumentale), voici près de quatre ans déjà (“Small Blues & Grooves”, chroniqué ICI), et nous sommes par conséquent heureux de recevoir de leurs nouvelles. En dépit de son improbable sobriquet, le 11 Guys Quartet est bien un simple quatuor, initialement formé par un quarteron de musiciens gravitant tous autour de la scène de Boston (et baptisé alors The 11th Hour Blues Band). Après un premier album sous cette appellation en 1985 (“Hot Time In The City Tonight” chez Tone-Cool), ces compadres ne laissèrent plus guère de trace discographique un tiers de siècle durant, et l’on ne s’attendait donc pas de leur part à davantage de prolixité sur ce plan. En dépit de leurs activités respectives (ainsi que des effets du confinement, auxquels s’ajoute désormais leur dispersion géographique), Paul Lenart (guitare), Richard Rosenblatt (harmonica), Bill Mather (basse) et Chuck Purro (batterie) ont néanmoins su trouver de nouvelles voies pour créer et enregistrer onze nouvelles pépites (d’où le titre générique). À la différence notoire de leur précédente livraison, on peut y ouïr certains de leurs membres s’y fendre de vocals sporadiques (ainsi de Chuck sur le bien intitulé “Drivin’ A Fast Car”, et de Paul sur ce “He Ain’t Got You” réminiscent de Howlin’ Wolf, dont les instrumentaux “Possum Blues” et “The Rona Stomp” portent également la trace signalétique de Hubert Sumlin). Le reste du menu  comporte une variante de “House Of The Rising Sun” (“Blues Beyond Midnight”), un mambo aux relents Tex-Mex (“Texicali Mojo”), du Chicago-shuffle traité façon Allmans et lardé de slide fumante ainsi que d’harmonica brûlant (“Lightning Road” – jeu de mots – “Stompin’ Blues”, “Jokers Blues” et “Rockin’ The Blues”) et du Diddley beat effréné (“Black Cat Bone”). Nos amis assortissent cette parution de pas moins de huit vidéos disponibles en accès direct sur YouTube (voir ci-dessous), et la prochaine fois qu’on vous objectera bêtement que le blues, c’est triste, vous saurez quoi répondre. L’un des good time records sans prétention les plus réjouissants de cette fin d’année (qui ne l’est par ailleurs pourtant guère).

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, November 18th 2023

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