| Klezmer |
Avec près d’une vingtaine d’albums à son actif en trois décennies d’existence, l’Amsterdam Klezmer Band s’est produit dans les plus grands festivals d’Europe, et jusqu’au Festival de Jazz de Hong Kong. Croisant en son répertoire l’héritage traditionnel des ghettos ashkénazes d’Europe de l’Est (cf. le coffret “Klezmer American Recordings 1909 – 1952” compilé par Bruno Blum, paru il y a cinq ans chez Frémeaux & Associés et chroniqué ICI) avec des influences balkaniques, mais aussi ska, jazz, gypsy, orientales et hip hop, ce septette se produit avec le même entrain communicatif dans les enceintes de théâtres prestigieux et de vastes salles de concert, que dans des bars étriqués ou en pleine rue. À l’instar de Marc Crofts avec son Klezmer ensemble (chroniqué ICI) ou de David Krakauer (chroniqué ICI), l’AKB cultive donc un héritage non dénué d’œcuménisme, en caviardant son répertoire original de pièces traditionnelles revisitées à sa propre sauce. De la plus pure tradition yiddish (“Fun Tashlikh”, dont on retrouve déjà l’interprétation dans le classique “Bessarabian Symphony ” de Joel Rubin et Joshua Horowitz) à la fanfare twist (le live “A Mitzve Tentzl” introductif), en passant par le big band swing (“Everybody (On The Dance Floor”)” – après tout, Benny Goodman lui-même n’était-t-il pas de confession hébraïque?) et le rap (le “Badchen Rap” conclusif), les membres de l’AKB signent démocratiquement une bonne moitié de ces treize titres, sans que l’on y décèle la moindre rupture dans le continuum conceptuel. Comme on le lit dans “Le Sceptre D’Ottokar”, Magyar Posta… Si votre culture klezmer se résumait jusqu’à présent à la B.O. de “Rabbi Jacob” et à celle de “Pour La Peau D’un Flic” (via leur compatriote Oscar Benton), le dernier opus en date de cet éclectique combo devrait vous déciller les œillères.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, April 2nd 2026
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