| Soul |
Pour leur huitième livraison à ce jour (cf. chroniques ICI et ICI), Michelle David et sa bande de Bataves n’ont pas cherché à surcharger le format CD (lequel pâtit de plus en plus d’une fâcheuse propension au remplissage), pour se conformer plutôt au format du LP vinyle (auquel leur créneau s’apparente d’évidence davantage). Biberonnée (comme les antiques frangines Carolyn et Aretha) à la source gospel des bons révérends Franklin et Cleveland, Michelle entame cet album par l’effréné “Running”, à mi-chemin entre les Supremes et Martha & The Vandellas. Quatre émérites instruments à vent s’ajoutant à leur effectif, nos amis en profitent pour mâtiner l’épique Nola funk titulaire d’une savoureuse touche high-life et afrobeat, ainsi que de chœurs blaxploitation en diable (les riffs de cuivres y devant autant à Fela qu’à Maceo). C’est dans l’esprit du “Sunny” de Bobby Hebb que s’élance ensuite le quasi-éponyme “Golden Sun” (sous-tendu d’un tambourin obstiné et de l’orgue vintage de Paul Willemsen), tandis que le guitar pattern de “You’ll Never Know” s’agrémente d’un gorgeous swamp phasing, façon Creedence Clearwater Revival sur “Proud Mary” et “Suzie Q”. À l’éthéré “Flow” (rappelant certaines tentatives susurrées du Terence Trent d’Arby d’antan) succède le single “Speak To Me” (sans relation avec Pink Floyd) dans la veine de Diana Ross, alors que “Pick Up The Pieces” et “When All Is Said And Done” s’inscrivent par contre dans celle (délibérément rétro) de la regrettée Sharon Jones. Le lascif “Seasons” évoque pour sa part les grandes Gladys Knight et Dusty Springfield, avant que le “I Thank You” conclusif ne ferme le ban sur un frénétique spiritual cathartique. Parmi la cohorte exponentielle des retro-soul acts contemporains, Michelle David & The True Tones indisputably deliver the real deal!
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, March 23rd 2026
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