JAKE MASON TRIO – The Modern Ark

Soul Messin' Records
Soul Jazz
JAKE MASON TRIO - The Modern Ark

Décidément, ces temps-ci, l’Australie n’en finit pas de se rappeler à notre bon souvenir. Ne serait-ce que par BB & The Bullets, Dom Mariani, Carla Del Forno, Surprise Chef, The Stripp, Lance Ferguson, Richard Clapton ou les Mondo Freaks (tous düment chroniqués ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI, ICI et ICI), tout semble en effet concourir à signaler que ce continent des antipodes s’apprête seulement à entamer son automne (lequel s’y traduit plus souvent encore que chez nous en tant qu’été indien), tandis que nous émergeons pour notre part à peine des frimas de l’hiver. En l’occurrence, ce trio-ci s’apparente cette fois davantage à celui de leurs compatriotes Cookin’ On 3 Burners (chroniqué ICI), puisqu’il est mené par l’organiste à cabine Leslie Jake Mason. Localisé à Melbourne, ce dernier n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’il a déjà publié une quinzaine d’albums en leader depuis 1998, dirige également son propre label tout en assurant le management de Cookin’ On 3 Burners (pour lesquels il co-signa également le hit “This Girl”), et réalise des musiques de publicités et TV scores locaux. C’est avec le concours du batteur Danny Fischer et du guitariste James Sherlock qu’il a enregistré ces dix nouvelles pépites. Celui-ci est loin d’être un inconnu sur la scène jazz australe, puisqu’il fait office de session man sur des enregistrements de Barney McAll, Scott Tinkler, James Morrison, Ken Edie, Dale Barlow, Mike Nock, Sheila Jordan, Bernie McGann, Simon Barker, Brett Hirst, Ingrid Jensen, Steve Newcomb, Joe Chindamo, Allan Browne, Jim Kelly et Doug DeVries, et aligne pas moins de six albums en tant que leader, tout en se produisant en duo avec la vocaliste de Sydney Kristin Berardi. S’inscrivant dans la ligne d’autres trios orgue-guitare-batterie tels que ceux de Brother Jack McDuff, Jimmy McGriff, Jimmy Smith, Graham Bond et Brian Auger (voire celle de ses contemporains du Delvon Lamarr Organ Trio), cette galette s’avère à 80% instrumentale, mais n’en réserve pas moins deux plages chantées. Que ce soit via le légendaire crooner Kurt Elling (la plage titulaire) ou par la chanteuse vedette de Melbourne, Kate Celebrano (“Stop Searching For Love”), ces deux oasis vocales n’en relèvent pas moins d’un stew typique de soul, jazz et rhythm n’ blues millésimés sixties et early-seventies, où marine allègrement l’album entier. Beau joueur (dans les deux sens du terme), Mason ne répugne que rarement à céder le pas aux six cordes de Sherlock, dont le jeu (à équidistance véloce de ceux de Kenny Burrell, Wes Montgomery et Grant Green) s’avère un modèle de swing ourlé, tandis que le drumming de l’impeccable Fischer leur prodique à tous deux un groove de chaque instant. Assurément l’un des albums rétro de soul-jazz moderne de l’année (à moins que ce ne soit l’inverse). “Boogaloo Popcorn” à tous les étages!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, February 27th 2026

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