PAUL COWLEY – Long Shadow

Autoproduction
Country Blues
PAUL COWLEY - Long Shadow

Depuis que des précurseurs tels que Victor Brox et John Dummer (soutiers désormais quasi-oubliés du British Blues Boom), imités ensuite par un certain John Martin (mieux connu sous le sobriquet de The Big Figure, du temps où il battait la mesure au sein de Dr. Feelgood), sans parler de Pete Feenstra et Mike Vernon (relocalisés de longue date Outre-Pyrénées), ni même de Sir Mick Jagger (en son château de Fourchette, en Touraine), on le sait bien: maints de nos cousins Grand-Bretons n’ont pas attendu le Brexit pour s’établir durablement chez nous. C’est également le cas de ce singer, songwriter et guitar-picker de Birmingham, devenu au fil des ans gentleman farmer hôtelier au cœur de notre Morbihan. Pour son sixième album à ce jour (les deux précédents furent chroniqués en leur temps ICI et ICI), Paul Cowley persiste à labourer le même sillon (exile on main field?), pétri de la tourbe fertile du country-blues d’antan. Ses mentors en la matière s’égrènent non seulement au fil des reprises qu’il envisage (ici, Skip James, Mississippi Fred McDowell et Willie Dixon), mais également via la facture de ses propres compositions. Ainsi du “Time” introductif, de “Once In A While” et de la plage titulaire, dont le chant harassé et le picking paresseux renvoient à ceux du légendaire Jorma Kaukonen, ou du swinguant “Big Hitter”, qui n’est pas sans évoquer les riches heures du J.J. Cale des tout débuts (que rappelle aussi “Where Are You Now”). Son comparse de longue date, Paul Ferrari, alterne à la lap-steel, à la basse et à la batterie sur quatre titres, tandis que l’harmoniciste Robert Venables preste ses services sur un “Old Man” ne devant pourtant rien à celui de Neil Young, mais de fait davantage à Howlin’ Wolf et Canned Heat. Avec ses six cordes articulées à la mode arachnéenne de Mississippi John Hurt, la cover du “Crow Jane” de Skip James emporte l’adhésion (de même que, dans la même veine, le sautillant “Dirt Poor”), tandis que le poignant “First Born” puise autant chez Big Bill Broonzy que chez Blind Willie Johnson. “Train I Ride” s’avère l’adaptation d’un classique de Mississippi Fred McDowell, avant que celle du “Same Thing” de Willie Dixon (repris par la terre entière, de Muddy Waters jusqu’au Grateful Dead) ne ferme le ban en traînant la patte. Voici donc un album de country blues qui vous fera aisément l’année, et même au- delà: l’essayer, c’est l’adopter.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, February 6th 2026

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Album à commander (en digital) ICI

Website

Tracklisting:
Time (Paul Cowley) 4:01
Big Hitter (Paul Cowley) 4:34
Old Man (Paul Cowley) 4:25
Crow Jane (Skip James) 2:24
Long Shadow (Paul Cowley) 3:11
First Born (Paul Cowley) 3:15
Dirt Poor (Paul Cowley) 4:24
Once In A While (Paul Cowley) 2:42
Where Are You Now (Paul Cowley) 3:10
Train I Ride (Fred McDowell) 3:07
Same Thing (Willie Dixon) 4:14

Total Playing Time 39:27 minutes