THE STRONGMAN BLUES REMEDY – Volume 1

Stony Plain
Blues-Rock
THE STRONGMAN BLUES REMEDY - Volume 1

Décidément, après les récentes livraisons de Sass Jordan et Angel Forrest, le blues moderne semble se conjuguer au collectif, cette année au Canada. Apparu sur la scène nationale voici dix ans à peine, le guitariste, chanteur et songwriter Steve Strongman s’est imposé en sept albums comme l’un de ses talents majeurs. Avec le souci constant d’en élargir les poncifs, le lascar s’attache en effet à renouveler les arcanes de cette musique, sans en trahir pour autant l’esprit ni les fondamentaux. Il a réuni pour cette galette un aréopage conséquent, où l’on distingue des pointures telles que Steve Marriner, Dawn Tyler Watson, Crystal Shawanda, Harrison Kennedy et Jesse O’Brien (pour la plupart déjà présents sur les opus précités). Les atouts de tels albums chorals en fixent également les limites: si l’amateur complétiste y trouvera avec bonheur les contributions de ses propres favoris, la cohérence de ces collaborations pâtit parfois de leur promiscuité. Ce n’est heureusement pas le cas au fil des dix plages de ce disque-ci. Entre Stones période “Exile” et early-Skynyrd (“Hard Luck et sa slide entre Mick Taylor et Ed King, ou encore ce “Swansong” featuring les vocals et l’harmo incendiaire de Marriner), la palette s’y déploie en multiples déclinaisons southern blues-rock (le swamp “Fine Young Man” auquel la panthère Dawn Tyler Watson prête la voix, ou le soulful “I Don’t Miss You” avec un Harrison Kennedy impérial). Le shuffle boogie “I Like To Ride” (avec le même vocaliste) met en valeur le piano électrique alerte de Jesse O’Brien (qui y officie aussi à l’orgue), mais c’est Strongman en personne qui y assure les parties de guitare, de basse et d’harmonica. On pousse plus way down south encore, avec le lent “White Lightning” (au solo de guitare digne d’un Tinsley Ellis), le mid-tempo buté “True To Me” et l’enlevé “Love Comin’ Down”, tous trois réminiscents de la geste des regretté Allmans du siècle dernier, tandis que Crystal Shawanda irradie de son timbre éruptif “Tell Me I’m Wrong”, et que “Getting Stoned” fait un clin d’œil malicieux au ragtime hokum des Harlem Hamfats. Bon Dieu, le remède évoqué se révèle si efficace que l’on trépigne déjà dans l’attente de son “Volume 2” !

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, June 26th 2022

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