THE DIRTY STRANGERS Featuring Performances From Keith Richards & Ron Wood

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THE DIRTY STRANGERS Featuring Performances From Keith Richards & Ron Wood

Comme le clamait à tout va le Concombre Masqué, “keskeucé?“. Curiosité ou anecdote, le premier album de ce combo londonien, formé voici plus de quarante ans à Shepherd’s Bush (district londonien qui nous offrit les Who), s’enorgueillit d’une réédition tardive, avec pour argument le cameo du tandem de guitaristes des Stones à la longévité la plus stable. N’en ayant nullement eu vent au temps de ces enregistrements, on se méfierait à moins. Autant commencer donc par les situer dans leur contexte. L’an était 1987, et comme tout aficionado qui se respecte, chacun se souvient que l’encéphalogramme des Glimmer Twins présentait alors les signes d’un déclin potentiellement inéluctable. Jagger s’activait en effet à la promotion de son second effort solo, affichant pour l’occasion le plus grand dédain envers sa formation d’origine, au grand dam de ses partenaires historiques, Richards en tête. Aussi fumasse que désœuvré (et de surcroît sevré des drogues dures), ce dernier cherchait à s’occuper comme il le pouvait. Aussi peu doué aux mots croisés qu’au rubik’s cube et au bricolage, le riff humain était disposé à prester ses célèbres cinq cordes en open de sol au premier combo de second ordre disposé à lui réserver une flasque de Southern Comfort sur un coin d’ampli. Les lauréats de l’année furent donc cette obscure formation londonienne, composée d’affranchis de bands de la class of ’77 tels que The Boys et The Ruts (voire de Mickey Gallagher, ex et futur Animals, ainsi que supplétif du Clash sur “Sandinista”). Le lead singer et frontman Alan Clayton (sans relation avec le bassiste de U2) évoque ici le Steve Dior des London Cowboys dans le rôle du clone jaggerien de circonstance, et si les guitar riffs et le beat obstiné de la plupart des titres peuvent certes évoquer, de ci de là, des Stones de sous-division (à la manière des Detroit Cobras, Quireboys et autres Little Roosters), on se rabattra prioritairement sur les huit plages live proposées en bonus (bien que sans la moindre présence stonienne), dans un registre débridé proche des New York Dolls circa Johnny Thunders et Sylvain Sylvain (cf. les inédits “Special Girls” et le springsteenien “Diamonds”), avec les backing vocals de l’expressive Angie Brown. Selon divers line-ups (comprenant notamment Brian James, ex-Damned et Lords Of The New Church), ces lascars devaient ensuite encore publier cinq successeurs à ce premier essai.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, January 28th 2024

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