TAYLOR YOUNG BAND – Mercury Transit

Handdrawn Records
Power Pop
TAYLOR YOUNG BAND - Mercury Transit

Bien qu’il s’agisse à proprement parler de son premier album, l’aventure du Taylor Young Band est loin de relever de l’irruption spontanée. Car bien qu’encore jeune trentenaire, son leader éponyme n’en constitue pas moins déjà un vétéran de la scène locale de Dallas, Texas. En dépit de notre perception européenne de l’identité de cette ville (certes dominée par son patrimoine prégnant en matière de blues, country, western swing et rock n’ roll), cette formation s’en émancipe au point que des oreilles moins informées peineraient sans doute à en localiser la provenance. À l’adolescence, le bien nommé Taylor Young débuta en effet en tant que batteur des vedettes de la scène psychédélique locale, Hi-Fi Drowning, avant de poursuivre son parcours au même poste, au sein de Young Heart Attack et Polyphonic Spree. Après quinze années de ce régime, le jeune homme entreprit un premier virage radical, pour former avec un ami le duo folk-rock acoustique The O’s (quatre albums  au compteur), optant dès lors pour l’instrument à six cordes. Parvenu à assembler une poignée de chansons lui semblant outrepasser ce format restreint, il engagea son ami Toby Pipes (guitariste de Deep Blue Something) pour y assurer, outre les parties de basse, de guitares et de claviers, les fonctions de producteur. Débutées en simple duo (Taylor y officiant à la batterie, ainsi qu’aux guitares et au chant), ces sessions s’enrichirent bientôt de l’apport de Kenny Wayne (guitariste de Leon Bridges), et le son de cet album reflète dès lors celui d’un groupe au complet. Dès les “Get Around” et “Make You Wanna Stay” d’ouverture, on est saisi par les références power-pop de ces musiciens, pourtant bien trop jeunes pour en avoir connu les âges d’or successifs. Avec ses jangle guitars, ses harmonies vocales et son Mersey beat millésimé, ce cru s’apparente en effet de manière saisissante à celui des Flamin’ Groovies seconde période (ou encore à ses furtifs avatars de Magic Christian). Cette similitude se confirme avec “Shine On Me”, “Blue Eyed”, “Five Cents”, “Wrong Place, Wrong Time” et “Out Of My Mind” (aux prononcés accents byrdsiens, dont l’écho s’est perpétué via les Plimsouls, ainsi bien sûr que The La’s, The Coral et Teenage Fanclub). Le tétanisant “Rattle” pousse même le bouchon jusqu’à évoquer, avec ses amples arrangements pop, les splendeurs du vaisseau amiral du genre, le monumental (et trop longtemps maudit) Big Star des regrettés Chris Bell et Alex Chilton. Seules réminiscences folk-pop façon Chris Wilson, “Daze Of The Week” et “Drinkin” rappellent les envolées de ce dernier au sein des Barracudas, voici presque quarante ans déjà. Désormais augmenté du batteur Joshua Hoover (du groupe local Calhoun), le Taylor Young Band se prépare à affronter la scène et les tournées. Gageons que désormais septuagénaire, l’apôtre moumouté Cyril Jordan ne manquera pas d’adouber ces talentueux émules, en dépit de leurs accoutrements peu conformes aux canons de Carnaby Street.

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, September 18th 2021

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Taylor Young – Out of My Mind:

Taylor Young – Shine on Me (Official Music Video):

Taylor Young Band – Get Around (audio video):