SWEET SCARLETT – Rockin’ That Soul

l'autre distribution
Funk-Blues
SWEET SCARLETT - Rockin' That Soul

“The family that plays together”… Si le slogan n’avait déjà été préempté voici plus d’un demi-siècle par les Californiens de Spirit, cette devise pourrait assurément s’appliquer au quartette laonnois Sweet Scarlett, composé du papa guitariste Patrick Hiblot, ainsi que de ses fistons Rémi et Vincent pour la section rythmique, et que de Caroline, la compagne de Rémi, au chant. Après un premier album éponyme en 2016, suivi de “Sell Your Ticket” en 2018, ils reviennent avec un troisième effort qui dépasse encore ses pourtant valeureux prédécesseurs. Dès le “Into The Deep” d’ouverture (réminiscent du “Slip Kid” des Who sur “By Numbers” en 75), le saut qualitatif est saisissant – mais d’où sortent donc ces gens? L’influence du divin gaucher se confirme dès le funky “Dance It Out” (qui porte la marque patente du Band Of Gypsies), raison de plus pour Patrick Hiblot de défourailler un solo que n’auraient renié ni le Jeff Beck de “Truth”, ni le pourtant parfois pénible Joe Bonamassa. De même que “Final Call” accuse son pesant de “Crosstown Traffic” et que “Jostle” et “Set My Riff” lorgnent vers le Robin Trower de “Victims Of The Fury” (soit guère plus loin), cet album fait figure d’une anthologie de la guitare psych-out-funky-blues d’il y a un demi-siècle. On trouve aussi du Zep circa “Houses Of The Holy” sur l’enfiévré “Rockin’ That Soul”, et de l’ADN de “Kashmir” sur “Hold My Mercy”, mais n’allez pas imaginer que la seule cover du lot, “All Along The Watchtower”, puisse évoquer autre chose que celle présente sur “Electric Ladyland”. Et ce qui aurait effectivement pu prêter à sourire en 1980 n’inspire plus de nos jours qu’un respect ébahi. Car comme l’énonçait naguère encore le regretté Phil May à propos de la génération actuelle de guitar-heroes surdoués: “ils sont époustouflants, ils ont à peine vingt ans, et savent jouer Hendrix jusque dans ses moindres inflexions !.. Seulement, ils ignorent toujours POURQUOI il jouait ainsi…”. Quand Sweet Scarlett se pique d’explorer plus avant son versant blues-rock, on se retrouve au crossroads entre les premiers AC/DC, Bad Co et Frankie Miller (“Last Time”, “Mandala”), et tout ex-teenager des seventies y reconnaîtra des accents excessivement familiers. Il n’est que temps de souligner qu’en dépit de la cohésion manifeste de la famille Hiblot, l’arme secrète de Sweet Scarlett réside dans le gosier à la fois soulful et râpeux de la jeune femme dont le portrait stylisé orne l’artwork de cet album. Caroline Erdman, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, transforme tout ce qu’elle chante en un miel capiteux bien que hérissé de ronces, dans la veine de grandes aînées telles que Maggie Bell et Bonnie Tyler. Un disque aussi miraculeux que hautement inespéré. Plongez!

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, April 4th 2021

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En concert le 12 mai 2021 au festival Blues Autour Du Zinc, Beauvais.

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