Sofaï – Ici ou ailleurs

Autoprod.
Blues
Chanteuse française au prénom qui ne passe pas inaperçu, déjà, Sofaï a la voix chaude et légèrement éraillée, juste ce qu’il faut, pour porter vers le sommet le blues qu’elle compose et pour lequel quelques grands noms tels Beverly Jo Scott et Sal Bernardi (Rickie Lee Jones, Willy Deville) ont craqué, lui offrant chacun un texte pour son premier opus, ‘Ici ou ailleurs’.
 
Et puis, non contente d’être armée d’un timbre particulier, la chanteuse aux cheveux courts s’est vue dotée d’un incontestable talent d’auteur-compositeur. Ses chansons piochent direct dans la vie de tous les jours, dans ces moments de vie qui ne nous épargnent pas, qui nous concernent tous, à un moment ou à un autre, comme ‘La mariée’ ou ‘Au pays des ex’, quand ce n’est pas ‘Les 5 à 7’. Des chansons qui vous font sourire, ou pas, vous touchent au foie, et vous l’ébranlent, votre foi. Des douze titres alignés sur ce premier opus de la belle Miss Blues, aucun ne vous laissera insensible. Impossible, car tout y est, du soupçon d’ironie à l’émotion taquinée ou froissée. Les mots sont simples mais d’une efficacité redoutable :
 
Tu te rhabilles
Tu remets ton armure d’homme marié
Rien n’a changé
Si ce n’est nos yeux cernés
Ma peau encore salée
(‘Les 5 à 7’)
 
Accompagnée de Slim Pezin aux guitares additionnelles, basse, batterie, percus, claviers et chœurs, Alvaro Lopez Aguila aux percussions, Raoul Duflot Verez aux claviers, Patrick Bourgoin à la flûte et au sax, Sofaï met à nu sa vision du monde et nous présente sa propre perception de la vie.
‘Qu’arrive-t-il après la pluie ?’ vous chante-t-elle dans le creux de l’oreille et vous fondez à la vitesse d’un glaçon en plein désert, réchauffement climatique non compris. Et lorsqu’elle vous annonce dans ‘Les coups’ que l’homme qui vit à ses côtés connaît tout de ses déboires car ‘C’est moi qui boit, Lui qui trinque’, on se surprend à tendre la main vers la chaîne stéréo, comme si on lui tendait la main à elle, Sofaï. Une chanson qui remuera les tripes de tous ceux et toutes celles qui un jour, malheureusement, ont connu quelqu’un qui a vécu cela. ‘Les coups’.
 
Et puis, non contente d’être armée d’un timbre particulier, j’insiste, je sais…., la chanteuse aux cheveux courts s’est vue dotée d’un physique à faire damner les saints, ce qui lui donne non seulement un charme fou mais le pouvoir du fauve que l’on n’approche pas comme on le veut. Un fauve que l’on regarde de plus ou moins loin, admiratif, l’écoutant rugir son Blues dans la nuit qui tombe sur la ville-savane.
 
Frankie Bluesy Pfeiffer
Sofaï