ROD PICOTT – Starlight Tour

Welding Rod Records
Americana
ROD PICOTT - Starlight Tour

Depuis quatre ans que nous avons fait sa connaissance, Rod Picott n’est plus un étranger à nos yeux (ni à nos oreilles). Et s’il prétend que son quinzième album en près de 25 ans de carrière est sans doute l’un des trois dont il est le plus fier (les deux précédents furent chroniqués ICI et ICI), il ne faut pour une fois pas y entendre la rodomontade promotionnelle de rigueur en la circonstance. Avec la même équipe que sur le “Paper Hearts And Broken Arrows” paru l’an dernier (Julian Solorzano aux guitares électriques et acoustiques, ainsi qu’au piano, au glockenspiel, à la pedal steel et à la trompette, Lex Price à la basse et à la mandoline, mais sans le batteur Evan Hutchings, que supplée cette fois Neilson Hubbard, tout en y assurant également les fonctions de producteur), Rod délivre dix nouvelles compositions en 42 minutes chrono (co-signant au passage quatre d’entre elles avec trois autres comparses). Empreintes de fatalisme face à la marche inéluctable du temps (“Next Man In Line”), elles n’oublient pas de commenter la condition humaine et prolétaire (la plage titulaire, “Pelican Bay” et ce “Digging Ditches”, dont les arrangements bruts et dépouillés ne vont pas sans rappeler ceux du Calvin Russell de “Sam”) et son aliénation résignée (l’ironique et désabusé “Television Preacher”, digne de Leonard Cohen). Cet admirateur déclaré du grand Guy Clark célèbre une fois encore les perdants magnifiques et les joueurs impénitents (les splendides “A Puncher’s Chance” et “Combine”), tout en délivrant au passage  quelques proto-country classic hymns témoignant de son sens aigu de l’observation sociale (“Homecoming Queen”, “Wasteland”), avant de conclure en esquissant in extremis une lueur d’espoir ambigu (“Time To Let Go Of Your Dreams”). Mais la perle absolue de cette nouvelle livraison restera sans doute pour la postérité le poignant “Pelican Bay”, dont nous vous laissons découvrir la teneur par vous même. Bon sang, il ne bluffait pas, cette fois encore: ce disque est assurément l’un de ses tout meilleurs.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, September 28th 2023

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