ROBERT JON AND THE WRECK – Shine A Light On Me Brother

Autoproduction
Rock sudiste
ROBERT JON AND THE WRECK - Shine A Light On Me Brother

Avec une slide guitar évoquant autant Derek Trucks que Duane Allman (prophète séminal du southern-rock), ainsi qu’un piano rappelant ce que le grand Chuck Leavell fourbissait au temps où il officiait chez ses patrons originels (bien avant les Stones), ce quintette californien ravive à point nommé la fierté d’un rock sudiste en pleine renaisssance, depuis l’extinction définitive de l’Allman Brothers Band. Déjà à la tête de trois albums studio et d’un live (en dix ans d’exercice), Robert Jon Burrison et sa clique ont enclenché le turbo pour cette nouvelle livraison, à laquelle on peut d’ores et déjà prédire un destin iconique. La plage titulaire en revendique d’emblée l’enjeu: en augmentant leur puissance de feu d’une section de cuivres et d’un brelan de choristes à faire pâlir ceux du “Street Survivors” de Skynyrd, Robert Jon & The Wreck s’affranchissent du simple statut culte de hot jam band, pour accéder à celui de chart-topping act. Avec ses chœurs gospel gouleyants, le funky “Everyday” figure une variation sur ce classique intemporel des Allmans que demeure “Melissa”, telle que Delaney And Bonnie & Friends auraient pu l’enregistrer sous la houlette de Leon Russell. Empruntant autant son soul beat à Springsteen qu’à Southside Johnny, l’hymne “Ain’t No Young Love Song” pourrait quant à lui prétendre au titre de hit-score pour n’importe quel blockbuster. Avec son refrain catchy à souhait, son exécution fébrile et sa production “in your face”, tous les critères requis s’y trouvent en effet conjugués. Poussant davantage encore le curseur vers la ligne Muscle Shoals de la force, “Chicago” s’appuie sur des arrangements de cuivres façon Tower Of Power (signés Ian Smith et Jason Parfait, le bien nommé), tandis que “Hurricane”, valse country-rock revisitée Laurel Canyon, s’ébouriffe d’un terrassant solo en slide d’Henry James Schneekluth (même s’il ne semble pas facile à mémoriser, retenez ce nom). La veine Allmano-Skynyrdienne se confirme avec le fédérateur “Desert Sun”. Sur un riff acoustique emprunté au “Jessica” de Dickey Betts, la voix du leader s’y étoffe des chœurs de ses compadres (ils chantent tous, et plutôt bien), tandis que Schneekluth (à vos souhaits) y prend à nouveau son envol vers des cimes où ne parviennent plus à frayer que les Freebirds confirmés, et que l’omniprésent Steve Maggiora y assure à la fois orgue et piano. Les endeuillés du clan Van Zant savoureront jusqu’à la lie un hymne aussi irrédentiste que ce “Brother”, ainsi que l’effréné boogie conclusif, “Radio” (cousin manifeste du “I Know A Little” du gang de Jacksonville). Bref, on l’aura compris, bien mieux qu’un simple avatar, ce band se révèle une authentique uchronie. Écartant d’un revers de manche (de Gibson) cinq décennies d’errements funestes et variés, Robert Jon & The Wreck rejoignent Blackberry Smoke, Alastair Greene, AJ Fullerton et les Kentucky Headhunters au fleuron des Bands Of Dixie contemporains.

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, September 12th 2021

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ROBERT JON AND THE WRECK – Shine A Light On Me Brother:

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