Ramon Pipin – C’est mieux que si c’était pire (c’est pire que si c’était mieux)

PIPIN PRODUCTIONS 2026
Pop, Rock 'n roll
RAMON PIPIN - C’est Mieux Que Si C’Était Pire - C'est Pire Que Si C'Était Mieux

Comme l’écrivait avec brio Paul-Jean Toulet, le célèbre poète pyrénéen: il y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l’air de pleurer de joie… C’est en quelque sorte notre ressenti émotionnel du moment, entre deux giboulées, au regard de l’actualité brûlante et embrasée de Ramon Pipin. Je le répète et le clame haut et fort, au risque de passer pour un malade souffrant des premiers symptômes d’Alzheimer, voire de démence sénile, Ramon Pipin est membre-fondateur et figure de proue du groupe Au Bonheur Des Dames et créateur du groupe Odeurs. Détails qui peuvent bien évidemment enrichir une carte de visite ou embellir un curriculum vitae. Mais sans vouloir renier son glorieux passé, ni ses premiers balbutiements twist’n’roll, Ramon Pipin a-t-il besoin de ces artifices moult fois ressassés pour se faire une place au soleil, ingérer goulument la cerise sur le gâteau, prendre toute la lumière des sunlights et toutes les couvertures du plumard? Bien sûr que non!
Tiens, on sonne à ma porte. Est-ce un huissier à qui je dois du pognon ou un voisin irascible qui ne supporte plus les riffs poussés au maximum de Twenty Flight Rock d’Eddie Cochran ou d’Ego-Dames d’Au Bonheur Des Dames, à l’heure du laitier, des perquisitions des fins limiers du 36, d’un reste d’une pizza quatre fromages trempé dans un bol de Jim Beam, du soudain silence des rotatives et des travestis sponsorisés par Gilette GII qui vont se raser leur menton en galoche? Mais non, c’est mon infirmière envoyée par ce bon Docteur Feelgood qui vient pour mon injection quotidienne dans la fesse gauche, et me donner mon tapioca.

Actualité brûlante en incandescence pour l’inoxydable Ramon Pipin disais-je… Ou plutôt double actualité avec quasi simultanément, la réédition en CD de l’album culte Ramon Pipin’s Odeurs 1980: No Sex! sur l’audacieux label Cat Records de l’ami Thierry Cattier, chroniqué ICI dans les colonnes de Paris-Move par votre serviteur (à commander ICI) et la sortie du monumental et ambitieux double album CD Digipack C’Est Mieux Que Si C’était Pire… et C’Est Pire Que Si C’était Mieux… (Pipin Productions). Une actualité bien plus brûlante et plus épicée que les hauts fourneaux de l’usine sidérurgique de Thionville, qu’un couscous harissa d’un boui-boui de Tataouine, que les desseins incendiaires d’un pyromane livré à lui-même dans une forêt touffue landaise ou que le déhanchement blasphématoire d’un top-modèle en talons Louboutin de l’agence Elite Model Management…

A bientôt 74 balais, Alain Ranval plus connu sous le sobriquet de Ramon Pipin, a frappé un gros coup (de génie ou de Trafalgar?) et a placé la barre très haute, difficilement accessible pour ses contemporains. Il va falloir ramer, se retrousser les manches, mettre les mains dans le cambouis et ses tripes sur la table, s’exciter le bulbe rachidien et suer sang et eau pour atteindre un tel niveau d’excellence. Au risque de faire tousser les pisse-froid, les béotiens, les indécrottables pinailleurs et autres empêcheurs de tourner en rond, s’étrangler tous ces pignoufs avec leur biscotte sans gluten trempée dans une tasse de Darjeeling, tous ces gluants conformistes habitués des diarrhées verbales, des histoires de cornecul et de l’aliénation audiovisuelle, j’affirme (et c’est une évidence!) que Ramon Pipin, au regard de la complexité de ses compositions et de la sophistication de ses mélodies, de son éclectisme musical vertigineux entre rock et électro, de son exigence artistique, est un génie, un virtuose du rock’n’roll au sens large, est un mélange entre Frank Zappa, Christian Vander, Phil Spector, Lennon et McCartney… et entre Aristide Bruant, Jacques Lanzmann pour Dutronc, Boris Bergmann et Jean Fauque pour Bashung, Coluche et Desproges pour les mots (les maux), pour la poésie urbaine de l’asphalte des faubourgs, le persiflage et la goguenardise de trublion aux textes séditieux à l’humour sucré-salé et potache de carabins dans une salle de garde d’un hôpital, avec en ligne de mire, l’énigmatique blouse (blues) de l’infirmière.

Avec Ramon Pipin, pas d’atermoiement. Il rentre illico dans le lard de nos élites et de l’establishment, uppercut et bourre-pif de rigueur, et se moque des aberrations de notre époque, des premiers de cordée sortis du roman de Frison-Roche, du nouveau monde avec l’empathie et la chaleur humaine reléguées aux abonnées absentes ou dans les abymes de la médiocrité, mais toujours avec finesse, éloquence, ironie, érudition et talent, tel un avocat devant une juridiction, avec les envolées de manche de sa toge ou tel un tribun dans la Rome antique. Que de chemin parcouru par Ramon Pipin depuis Oh! Les Filles, le Hit-Parade d’André Torrent sur RTL, Guy Lux et Sophie Darel, l’Olympia avec Dick Rivers, les premières parties du tyrannique Claude François, les lundis pas toujours au soleil, les tournées épiques et rocambolesques à travers l’hexagone, à raconter avec un brin de nostalgie devant l’âtre d’une cheminée ou allongé sur le sofa de son psy, le tremplin du Golf Drouot d’Henri Leproux, les strass et paillettes, la liberté des 70’s…

Le premier CD C’Est Mieux Que Si C’était Pire… se situe dans la lignée des œuvres habituelles de Ramon Pipin, lui l’alchimiste du son, entre humour décalé et ambiance loufoque, poésie et tendresse, électro-rock à la Devo et Talking Head, avec toujours comme principales influences Gentle Giant, Andy Partridge et XTC, Brian Wilson, Zappa et inéluctablement les Beatles, avec un poussiéreux vinyle de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band sur sa table de chevet Louis XV depuis bientôt 60 piges, avec pêle-mêle son téléphone portable, un Colt 45, les mémoires de Michel Drucker, un paquet de bonbons des Vosges, un flyer relatif à ses prochaines vacances à La Bourboule, du beurre de cacahuètes en hommage à Elvis, une pomme Granny Smith et une boîte d’Alka-Seltzer…
Le titre Budapest faisant penser à Weather Report, Est-ce que tu sais? avec des guitares incisives à la Keith Richards ou Joe Perry, Les Chiffons avec un délicieux clin-d’œil au Smoke on the Water de Ritchie Blackmore et Deep Purple… et bien d’autres pépites de la maison Pipin à découvrir par vous-même, car tel Alfred Hitchcock dans Sueurs Froides, ou Amélie Nothomb dans l’épilogue de son dernier roman, je souhaite garder le suspens intact.

Le second CD C’Est Pire Que Si C’était Mieux… est plus sombre, plus mélancolique, sans pour autant sombrer corps et âme dans la sinistrose, le pessimisme exacerbé façon Noir Désir et Bertrand Cantat ou Gérard Manset, musiques pour dépressifs sur le point de sauter du Pont de Tolbiac dans les eaux boueuses du Mississippi, Prozac et psychotropes ou le vague à l’âme inévitable lorsque Roger Gicquel annonce au J.T. de 20h00, avec ses yeux de cocker, qu’un aéronef vient de s’écraser sur ses Weston, ou lorsque que les médecins de plateau BFM TV nous annoncent avec gravité, laissant Hippocrate perplexe et médusé,  qu’on va tout scanner suite au nouveau virus… si on continue sans aucune précaution préalable, d’aller au bistrot, au restau et aux concerts de rock’n’roll au Café de la Danse!

Le titre Les gens simples peut faire penser aux Beach Boys et Brian Wilson, Mort devant la télé est une sorte d’ode à la solitude, fléau des grandes métropoles au 21ème siècle ou un vibrant hommage aux profs et en particulier à l’infortuné Samuel Paty, martyr de la folie des hommes et des religions. Sans oublier l’émouvant Pitchipoï, illustré dans un poster par Victor Sevilla, avec ce train fou qui conduisait, depuis Drancy, les déportés à leur funeste destination.

Avec ce 18ème opus, Ramon Pipin prouve qu’il n’a absolument rien perdu de son leadership légendaire et naturel. Cet album humoristico-politico-satirique en est la preuve indéniable. Lui qui a composé une multitude de musiques de film, bossé avec Patrice Leconte, Albert Dupontel, Antoines de Caunes, Laurent Baffie…, pour la plupart des gens sympas et sensibles à sa musique, mais cependant avec une minorité de casses-couilles aux portugaises ensablées et au Q.I. d’une huître Marennes-Oléron, réalisé les albums Marche à l’ombre ou Le Retour de Gérard Lambert (entre autres…) pour Renaud, fait des rencontres improbables avec des musiciens extraordinaires comme John McLaughlin, Didier Lockwood, Manu Katché ou encore Jean-Michel Kajdan…, a gardé l’étincelle dans le regard et dans le cœur et s’avère être, une énième fois, un mélodiste incomparable et un auteur-compositeur sans pareil.

Ramon Pipin vient de sortir un double album stratosphérique, XXL, pharamineux! Totalement indispensable! Pour les pisse-vinaigres qui souhaiteraient malgré tout continuer à occulter injustement l’œuvre considérable de Ramon Pipin, je dirais simplement en guise d’avertissement qu’il y a de l’Urgo dans l’air et que j’ai en réserve des hectolitres de Mercurochrome et des kilomètres de bande Velpeau! A bon entendeur…

Serge SCIBOZ
Paris-Move

PARIS-MOVE, May 14th, 2026

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Photos pochette: Thierry Cattier

Website

Album à commander ICI

Attention!
Ramon Pipin et ses nombreux musiciens remettent les couverts au Café de la Danse, 5 Passage Louis Philippe, 75011 Paris, le 10 septembre 2026 à 20h00.

Billeterie en ligne ICI
A noter: la location sera ouverte dans les prochains jours…

Tracklisting complet:
1. C’est mieux que si c’était pire   04:06
2. Budapest    02:49
3. Est-ce que tu sais?   04:10
4. Les Chiffons   03:43
5. Trois physiciens dans une voiture  02:59
6. Soyez gentils avec Mme Kaplan  02:50
7. Le silence   01:39
8. Intérieur queer   02:55
9. Crash boom bang!   03:04
10. Les mots doux   02:28
11. Les gens simples   03:42
12. Mort devant la télé   03:09
13. L’ami à louer   03:26
14. Pitchipoï    04:03
15. On va tout scanner   03:21
16. Insomniaque    00:14