Mémoires D’outre-Rock (auteur: Gilles Riberolles)

Label: FREMEAUX & ASSOCIES / Nb de pages: 240 pages
Livre
Mémoires D’outre-Rock (auteur: Gilles Riberolles)

On ne présente plus Gilles Riberolles, célèbre journaliste-rock à Best Magazine, le pendant du guindé voisin Rock & Folk, plume alerte au bulbe rachidien en perpétuelle effervescence, passionné de musique(s) pop new-wave en étant le leader du groupe Casino Music (1978-1981) en compagnie de son vieil acolyte Éric Weber, puis de blues et de rock’n’roll sous le nom de Jumbo Layer avec Howlin’ Wolf et Little Walter en ligne de mire, ensorcelé (vaudou) par la Nouvelle-Orléans, il signera deux documentaires sur ses affres, ses mystères bigarrés et son blues épicé: Looking for fats (2010) et We love big chief (2013), œuvres passionnantes et passionnelles, splendides à souhait, faisant passer les artères bien balayées du 15ème arrondissement pour Bourbon Street, le lac du bois de Vincennes aux eaux stagnantes et énigmatiques des bayous, avec les alligators en gardiens du temple et l’entrecôte-frites du bar-tabac Les Incorruptibles de Saint-Mandé, avec le Gumbo cajun du vieux carré français.

A l’instar de son ami Patrick Eudeline, sorti par la grande porte de l’élitiste collège Stanislas, Gilles Riberolles était à la fois un rock-critique de premier ordre, flanqué d’un musicien convaincant et déterminé. Figure de proue d’une œuvre sans carcan ni étiquetage de supermarché, Gilles Riberolles surnage à la croisée des chemins, entre les mots de Jean-Paul Sartre, les mots bleus de Christophe (Bevilacqua) et le rock’n’roll de Little Richard, expression vivante un tantinet rebelle d’une utopie collective et d’un phénomène social et culturel, qui fera couler beaucoup d’encre, des hectolitres de sang dans les caniveaux, voire de bières tièdes et discount dans les gosiers des teenagers. Aux antipodes d’un rock-critique lambda ou d’un journaliste musical stricto sensu, comme par exemple la diva maniérée de Philippe Manœuvre, sociétaire des Grosses Têtes de Laurent Ruquier sur RTL, que je verrais bien se recycler en qualité de miss météo sur TF1, en remplacement d’Evelyne Dhéliat. Ou comme Jérôme Soligny, la gravure de mode havraise, au brushing nickel sponsorisé par Franck Provost, au sourire Ultra Brite à la Richard Gere et au rictus satisfait à la Patrick Balkany, au melon disproportionné mais sans le Porto, et avec Etienne Daho perpétuellement diffusé dans ses esgourdes. Ces deux béni-oui-oui, sont au rock’n’roll ce que Fleury Michon est à la charcuterie artisanale ou Sébastien Delogu est au Bescherelle.

Toujours à l’instar de Patrick Eudeline, Gilles Riberolles est un lettré, un littéraire, un poète (maudit) qui jongle avec les mots, le verbe, les figures de style, les références historiques et charnelles, et les innombrables métaphores pour distiller la bonne parole du rock’n’roll, comme le passage de témoin d’une époque révolue, en sa qualité d’acteur intrinsèque et privilégié d’une fantastique épopée. Lui qui a toujours eu pour Philippe Garnier ou Yves Adrien, deux éminentes plumes du rock, des yeux de Chimène, avec dans ses poches revolver des bouquins de Jack Kerouac et Hunter S. Thompson.

Gilles Riberolles se situe sans conteste possible, parmi les plus grandes plumes de Best Magazine, avec Michel Embareck, Bruno Blum, Philippe Lacoche, Francis Dordor, Guillaume Godart (Jean-William Thoury) et bien évidemment Patrick Eudeline.

Double actualité brûlante pour Gilles Riberolles, avec cet excellent bouquin sorti chez Frémeaux & Associés, Mémoires d’outre-rock et non pas Mémoires d’outre-tombe (de Chateaubriand), car le rock’n’roll authentique, bien que très malade, n’a pas encore reçu l’extrême onction papale et n’a pas encore exprimé ses derniers tressaillements, ni ses ultimes soubresauts. Et l’ouvrage de Gilles Riberolles en est la preuve indéniable, comme une lueur d’espoir dans ce marasme, comme le garrot à un blessé qui inexorablement contemple son sang couler. Car pour lui, le rock’n’roll n’est pas qu’une musique de surprise-partie, des jeudis après-midi, avec Pepsi-Cola, Lucky Strike et EP’s de Bill Haley et d’Eddie Cochran, mais un authentique art de vivre au quotidien. Riberolles est le rock’n’roll incarné, il pense rock, vit rock, respire rock, transpire rock! Le corps médical a retrouvé des traces de It’s Only Rock’n’Roll des Stones dans son électrocardiogramme, ainsi que des traces de I Wanna Be Your Dog des Stooges dans son électroencéphalogramme!

La seconde actualité est la sortie imminente d’un album intitulé All Ways sur le label Déviation Records. Mais cette sortie fera l’objet d’une chronique distincte de votre serviteur. Même s’il adore New-Orléans, la Louisiane, la musique cajun, Fats Domino, Willy DeVille, Allen Toussaint, Clarence “Gatemouth” Brown, Dr John, et bien d’autres encore, sa plume reste cependant très urbaine, loin des bayous, loin des alligators aux crocs acérés, loin de Mardi Gras… Au sein de son ouvrage, lui qui se considère plus proche du punk-rock de New-York sous l’influence et les coups de boutoir d’Andy Warhol et Burroughs que du mouvement londonien beaucoup plus politique, aborde des sujets aussi vastes que variés comme: Johnny Thunders, les Cramps, Serge Gainsbourg, Véronique Sanson, Iggy Pop, James Brown, David Bowie, Blondie, etc… En ayant même une pensée pour ceux qu’il n’a pas cités, comme Jad Wio, Washington Dead Cats, les Wampas, Ici Paris, les Dogs de Rouen, Roadrunners, etc… Grande classe Gilles Riberolles!

Merci à Gilles pour ses mots, sa musique, son authenticité, qui rendent la vie un peu meilleure et qui prouve, si nécessaire, que malgré les sarcasmes, les embûches et les peaux de banane, malgré le système nauséabond et l’establishment arcbouté à ses privilèges et à la féodalité, le cœur du rock’n’roll bat toujours. Ce bouquin est comme une bouteille lancée à la mer, comme pour laisser une trace indélébile au gré des éléments déchainés, aux nouvelles générations. Merde, ce n’est pas une fiction du style Philip K. Dick, le rock’n’roll a vraiment existé alors… Mais qui était ce Gilles Riberolles? Cher robot, outre mes demandes pour Napoléon Bonaparte, le Général de Gaulle, Michel Drucker et Nagui, peux-tu me faire aussi une recherche généalogique, professionnelle et artistique, sur cet étrange personnage haut en couleur et truculent nommé Gilles Riberolles… Casino Music et Jumbo Layer, doivent-être des codes secrets. A déchiffrer rapidement… OUVRAGE INDISPENSABLE…!!!!!!

Serge SCIBOZ
Paris-Move

PARIS-MOVE, April 22nd 2026

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