LEYLA McCALLA – Sun Without The Heat (FR review)

Anti- / PIAS
Folk, World
LEYLA McCALLA - Sun Without The Heat (FR review)

Qu’il semble loin déjà, le temps où on la découvrait simple violoncelliste, en guest sur un titre du fameux “Leaving Eden” des Carolina Chocolate Drops (Grammy Award du meilleur album folk 2010), auprès de ses comparses Dom Flemons et Rhianna Giddens. Il est vrai que cela fait maintenant une bonne dizaine d’années (depuis son propre “Vari-Colored Songs: A Tribute To Langston Hugues”) que cette New-Yorkaise de souche Haïtienne (désormais relocalisée dans ce chef-lieu de la créolisation que demeure New-Orleans, contre vents et tsunamis) trace son propre sillon, à la poursuite de ses racines mêlées. Après le justement célébré “Breaking The Thermometer” d’il y a deux ans, elle nous revient avec un album plus éclectique et métissé que jamais. Le malian beat du “Open The Road” d’ouverture cède le pas à la délicate vintage biguine “Scaled To Survive”, suivie du zouk effréné “Take Me Away”. On comprend dès lors que Leyla a résolu de nous entraîner cette fois encore sur le grand loop des musiques créoles vernaculaires, ce que confirment le languide vaudeville blues rêveur “So I’ll Go” et la samba haletante sur laquelle “Tree” finit par prendre son envol, emporté par les percussions de Shawn Myers et la guitare tropicalienne de Nahum Zdybel. La ballade folk titulaire paraphrase un discours que prononça en 1857 l’abolitionniste Frederick Douglass, tandis que la parabole de “Tower” embrasse un mambo beat mâtiné tex-mex surf, aux accents proches de ceux de ses voisins de label, Calexico. La basse ondulatoire et le Wurlitzer millésimé de Pete Olynciw n’y contribuent pas qu’un peu, de même que sur l’entêtant gnawa beat de “Love We Had”. Comme l’indique son titre, le sobre “Give Yourself A Break” (où elle s’accompagne d’un simple banjo caressé) offre une oasis de fraîcheur bienvenue, tandis qu’un subtil contrechant d’arch-guitar y fait écho à sa voix, avant que la virginale marche gospel “I Want To Believe” (sous-tendue par une trame placide de piano et de violoncelle) ne conclue cet opus sur la plus émouvante prestation vocale de ce recueil. Tour à tour espiègle et douce, sans pour autant jamais verser dans la mièvrerie ni la gaudriole, McCalla se distingue à nouveau du peloton: la classe, sans la moindre ostentation.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, April 14th 2024

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