LES WAMPAS – Où Va Nous?

At(h)ome
Punk Rock
LES WAMPAS - Où Va Nous?

Bien que j’admette volontiers que cela puisse sembler tentant, ne vous risquez surtout jamais à qualifier Les Wampas d’institution. En plus de quarante ans de carrière (et pas moins d’une quinzaine d’albums), leur longévité force certes le respect, mais fidèles à leur éthique originelle, ces loustics se refusent encore et toujours à ne céder ne serait-ce qu’un misérable kopeck au grand jeu de la société du pestacle. Et comme l’énonçait jadis le regretté Gébé, “c’est pas triste” pour autant, quand bien même la plage titulaire (qui ouvre cette nouvelle livraison) pose davantage de questions qu’elle ne suggère de réponses. Loyaux en amitié (cf. leur nouvel hommage aux Coronados, dont ils reprenaient déjà un titre sur leur premier live en 88) comme envers leurs convictions (“Ne Cherchez Pas Dans Les Guitares” ou l’acerbe “Anarchiste Intermittent”), ils reprennent à leur compte l’hymne “Punk Ouvrier” que Didier s’était gardé par devers lui pour son premier album solo d’il y a quinze piges – et le demeurent heureusement aussi sur le plan sonore. Les ineffables Tony Truant (alias Antoine Masy-Périer, ex-lieutenant du regretté Dominique Laboubée au sein des mythiques Dogs de Rouen) et Jean-Mi Lejoux (ex-Satellites) côtoient toujours Effello et Niko auprès d’un Didier Chapdelaine plus en verve que jamais, pour ce rock urbain devant probablement davantage au punk américain séminal qu’à sa transposition historique chez les Rosbifs. En clair: plus proche des Ramones que du Clash, mais avec un détour obligé par cette tradition yé-yé si chère à nos Sheetah & Les Weissmüller (“Les Chansons Sur Toi”, “Pendu à Forbach”, “Kenavo My Love”, “J’ai Les Nerfs!”). Supporter de nos Chasse-Patates (chroniqués ICI et ICI) dont il partage la passion du cyclisme (n’avait-il pas déjà célébré la mémoire de Marco Pantani sur “Rimini” il y a vingt ans?), Didier se fend cette fois d’un “Mont Ventoux” épique, et après avoir évoqué les vertus du “Pipi Au Lit” et les périls de “La Peur”, il conclut sur un “Jean-Luc” auquel il demande de “faire un Poutou“, suivi in extremis du phantom track déjanté “J’ai rêvé d’un commando qui ferait sauter mon cœur”. Seule surprise réelle de ce seizième opus: Didier chante quasiment juste d’un bout à l’autre, mais n’en préserve pas moins son ton fielleux de fouine hâbleuse. Ouf, on a failli avoir peur!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, January 16th 2026

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