LEE O’NELL – Live

Autoproduction
Blues-Rock
LEE O'NELL - Live

Résumé des épisodes précédents: après deux premiers albums studio sous l’appellation de Lee O’Nell Blues Gang (eux aussi autoproduits, et dûment chroniqués ICI et ICI), ce quintette vosgien nous revient avec un “Live” incendiaire, sous bannière certes abrégée, mais sans grand changement quant à ses fondamentaux. À savoir: couple à la ville, Lionel Wernert et Gipsy Bacuet forment sur les planches le binôme absolu – un guitar hero intangible, biberonné dès son plus jeune âge aux meilleures sources, et une chanteuse au timbre puissant et d’une ample tessiture. Inamovibles depuis leurs débuts (hormis le batteur Pierre-Alain Delaunoy, arrivé en 2022), s’y adjoignent le bassiste Phil Dandrimont (Fred Chapellier, Gerry Joe Weise, Lorenzo Sanchez, Chris Bergson, Ellis Hooks, Mike Greene…) et le claviériste François Barisaux (Air Jazz Quartet). Nos amis entament ce concert (capté le 10 octobre 2025 à Vitry-le-François) par un titre qui inaugurait leur précédent disque, “Come What May”, et hormis les modestes artifices présents sur sa version studio (difficile en effet d’en assurer à la fois le lead vocal et les chœurs sur les planches), sa restitution en public gagne en puissance ce qu’elle cède en sophistication (de même que “Be A Man”, dont les accents jazzy initiaux se trouvent ici supplantés par un shuffle électrique sans appel). Plage titulaire de leur premier effort, “Different Shades Of Love” accuse un soul beat appuyé, tandis que le clavier de Barisaux offre son contrepoint aux six cordes de Lionel, en un chorus confondant d’inspiration et de dextérité. Avec son orgue et sa rythmique twist, “Kiss Me Again” assume plus que jamais sa touche tarantinesque, tandis que la guitare s’y fraie un chemin à coups de sabre. Deux moments de bravoure au long cours (de plus de huit minutes chacun) jalonnent ce set : le languide slow blues “Never Again” (où Gipsy, Lionel et leurs comparses donnent toute la mesure de leur sensibilité, au cours d’un crescendo en apothéose), et le boogie éperdu “You Don’t Know Who I Am” (au solo d’orgue hautement réminiscent de Jon Lord). La touche sudiste de leur blues-rock s’illustre sur les puissants “Remember” et “On The Road” (sorte de “Nutbush City Limits” blanc), tandis que pulsé par le piano de François et les balais de Pierre-Alain, le lounge-jazz de leur propre “Let The Good Times Roll” gratifie ce set d’une pause swing de bon aloi, sur laquelle Lionel et Gipsy démontrent à nouveau l’étendue de leur versatilité. Ils concluent sur le musclé “Paradise Highway” (issu lui aussi de leur second opus), mais n’en restent pas là pour autant, puisqu’ils nous gratifient en bonus d’un ultime inédit capté en studio en août 2024, “O Gimme Faith” (dont Gipsy assure à nouveau les chœurs en sus du chant lead, tandis que son homme y double également ses propres parties de guitares). Avec des combos tels que celui-ci, notre Hexagone n’a sans doute plus à se soucier outre-mesure d’importer sa pitance depuis l’étranger.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, March 10th 2026

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