KRIS BARRAS BAND – The Divine And Dirty

Provogue / Mascot
Blues-Rock

Après l’avoir surpris en duo unplugged en ouverture d’un concert de John Mayall, on ne peut que s’étonner en découvrant ce second album de Kris BARRAS en mode électrifié. Il faut dire que cet Anglais affiche un CV peu commun, puisqu’il débuta sa carrière publique en tant que champion de MMA (rien à voir avec notre compagnie d’assurances nationale: le sigle signifie Mixed Martial Arts, soit ce qu’on appelait “free-fight” au temps du furieux “Fight-Club”). Initié au blues-rock par son propre paternel (qui se produisait au sein d’un cover band), Kris BARRAS confesse une admiration sans borne pour Gary Moore, et après dix années de combats aussi violents que spectaculaires, affiche à présent la même pugnacité sur le plan musical. Qu’il s’agisse de blues rock sudiste (“Hail Mary”, “I Don’t Owe Nobody Nothing”, “She’s More Than Enough”), de FM rock aux harmonies empruntant aux Eagles et à Steely Dan (“Propane”, “Hold On For Tomorrow”, “Blood On Your Hands”), de l’héritage de Deep Purple (son “Wrong Place, Wrong Time” devant beaucoup au Ritchie Blackmore de “Lazy”), ou encore d’hymnes pour stades, entre Bryan Adams et Whitesnake (“Lovers Or Losers”, “Stitch Me Up”), ce garçon ne s’embarrasse guère de demi-mesures. Qu’il exerce désormais ses phalanges en slide ou au fil de soli aussi prolixes qu’incendiaires, Kris BARRAS continue donc d’aborder la scène et le studio comme ces arènes où il défendait naguère encore son titre. Pour peu que vous considériez vous aussi la musique comme un sport, Kris recrute ces temps-ci des supporters. Que ce qu’il propose n’apporte en définitive pas grand chose de neuf au genre n’est nullement son souci. Si vous aimez l’énergie et les grappes de notes en guirlandes de sustain, voici donc votre challenger de l’année.

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder