JW-JONES – Everything Now

Solid Blues Records / Stony Plain`
Blues
JW-JONES - Everything Now

Naguère encore considéré comme l’un des plus sûrs espoirs de la scène blues du nouveau millénaire, le guitariste et chanteur canadien JW-Jones ne délivre-t-il pas déjà son douzième album studio en près d’un quart de siècle? Le précédent “Sonic Departures”, date déjà de 2020, mais il faut y ajouter celui du Horojo Trio paru l’an dernier (en compagnie du claviériste Jeff Rogers, et du batteur Jamie Holmes). Depuis que des cadors tels que Kim Wilson et le regretté Charlie Baty, mais aussi Charlie Musselwhite, Chuck Leavell et Dan Aykroyd chantent ses louanges, et qu’on a pu le voir se produire auprès de Canned Heat, George Thorogood et Buddy Guy, sa côte ne cesse de grimper. À preuve s’il en faut, cette nouvelle livraison affiche sur sa guest list rien de moins que Jimmie Vaughan en personne, aux côtés des Texas Horns de Kaz Kazanoff, John Mills et Al Gomez, tandis que Gordie Johnson (de Big Sugar) y assure, outre la production de sept des onze titres, certaines parties de claviers, de basse, de batterie et de guitare! Pas moins de cinq autres tambours majors s’y relaient par ailleurs, parmi lesquels JW lui-même, ainsi que le renommé Stanton Moore, qui officie sur la plage titulaire. Sur un quasi-calypso soul beat, le timbre nasal de JW y baigne dans une reverb’ un brin outrée, tandis que sa Gibson y prodigue de brûlants contre-chants. Avec ses deux soli de wah-wah, le rocking “Keeping Me Up” témoigne de la volonté d’ouverture d’un artiste soucieux de ne pas se laisser trop facilement oblitérer. Démarche que confirme “Papa’s In The Pen”, sur des riffs et un beat hendrixiens. Le Texas-shuffle “Take Your Time” s’avère le terrain de jeu idoine pour accueillir l’aîné des frères Vaughan (depuis son fief d’Austin, Texas), et les deux guitaristes s’y octroient chacun avec brio le solo de politesse. La reverb inonde à nouveau le slow number “To Tell You The Truth (I Lied)”, et ce n’est que justice pour une plage dans la veine du grand Otis Rush. La trouvaille y réside dans l’ajout d’une majestueuse section de cordes dirigée par Erik Joran Jon Johnson-Scherger (et augmentée du piano de Jesse O’Brien). Le rhythm n’ blues reprend ses droits sur le funky “My Luck” (featuring le Hammond B3 et le synthé de Jesse Whiteley, ainsi que le solo de guitare acéré de Rob McNelley), avant que sur “it’s Not Raining In L.A.”, les six cordes de JW n’empruntent des accents santaniens. Vient ensuite la pièce de résistance avec le poignant “When You Left”, où JW évoque avec sincérité et émotion la disparition de sa mère. À la mode Stax-Atlantic, les Texas-Horns y épousent les arrangements vintage des classiques de James Carr et Otis Redding. Un pas plus loin dans le funk, “Works Every Time” ne déparerait pas le répertoire de George Benson (cocottes, four on the floor et chœurs à l’appui), tandis que “I Choose You” en fait autant avec Eddie Kendricks et David Ruffin. Le registre des légendaires Temptations confirme sa référence sur “Good To Be True”, concluant un album qui déroutera certes certains puristes, mais n’en réjouira pas moins les réfractaires à la monotonie.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, May 25th 2023

::::::::::::::::::::::::::

Et sur Kickstarter.com, ICI