Jul – Until The End

(Clementine Records)
Blues

Trois lettres sur une couv de CD, cela donne Jul, et après? se demande-t-on… Après, c’est simple, on glisse le CD dans le lecteur et on se prend une grosse claque dès le premier morceau, ‘Until The End’, qui donne justement son titre à l’album.
C’est du blues acoustique qui envoie, sur lequel batterie et basse viennent se greffer, suivis par un clavier et une sublime lead guitare. Du coup, on fonce direct sur la pochette et là, on pige de suite que le gratteux qui nous illumine les titres qui se succèdent n’est autre qu’une des références (et pas que françaises) de la six cordes, Mick Ravassat. A ses côtés, un subtil joueur de claviers, Sébastien Hoffmann, un balaize de bassiste, Romain Tran Van Tuat, et un cogneur au doigté particulièrement bien dosé, Mathias Bernheim (batterie et percus), sans oublier bien entendu Jul Erades, qui chante, joue de la guitare acoustique, du dobro, des percus et signe neuf des dix titres proposés sur cet opus au son diablement folk lorsque les lascars se la jouent façon Crosby, Stills, Nash & Young, comme sur ce ‘Angel Day’, seconde chanson de cet opus. Superbe, tout simplement.
 
Sur d’autres titres, la machine Jul se fait plus blues ou plus rock, c’est selon, comme sur l’entraînant ‘Call me at 4:04’, mais toutes ces chansons sont traversées, transcendées par une atmosphère folk digne des maîtres du genre, de Neil Young à Jeff Buckley en passant par Johnny Cash et David Crosby.
Sur certains titres, la voix de Jul sonne comme un Graham Nash des plus belles années tandis que son jeu de guitare n’a rien à envier à un Stephen Stills ou un Neil Young en voyage solitaire.
 
Et que dire de la présence de Mick Ravassat, à la fois discrète et lumineuse, comme sur ce ‘Rescue Me’, titre que pas mal de grands noms auraient bien aimé avoir signé, soyez-en sûr. 
 
Et puis écoutez-moi cette intro de Mick sur ‘Second Life’. Le genre d’intro que les ados apprentis gratteux vont se refaire en boucle pour épater les potes et les copines. Le genre d’intro mortelle qui vous scotche sur le divan et que vous vous remettez, avant même que le Jul ne se fasse entendre sur ce titre. Pétard que c’est bon, et du coup, je me le remets encore une fois. Notez bien, cela se nomme ‘Second Life’, seconde vie. Comme si cette intro vous guidait vers cette autre vie dont vous avez toujours rêvé, cette seconde vie.
 
Vous dire que ‘I’m Down’ et ‘Let’s Rock’, les deux derniers titres (avant un morceau caché, hé-hé), sont excellents serait presque superflu si je ne vous disais pas que ces deux morceaux auraient pu être signés par Ben Harper, par exemple, histoire de vous situer le niveau de l’opus dont le mastering, effectué par Loud Mastering, une référence en la matière (PJ Harvey, Franz Ferdinand, Portishead, entre autres), est sans doute pour un p’tit quelque chose. Ceci dit, sûr que le mastering ne fait pas tout et que les zicos sont là, et bien là, que les chansons sont superbement bien écrites et que le tout vous file, je vous le disais, une grosse, grosse claque.
 
P…. d’album, Jul !
 
Frankie Bluesy Pfeiffer
 

Jul