Johnny Hiland – All Fired Up

Provogue
Blues

Les loustics autour de Johnny ne sont pas là pour bricoler et je dois dire qu’il faut même brûler des calories si on veut suivre le Johnny dans ses pérégrinations musicales car le garçon n’a visiblement pas de temps à perdre. Les rythmes sont soutenus et l’affaire est rondement menée! Le Johnny a certes le look buddywhittingthonien et des chemises à la Rory Gallagher, mais il ne maîtrise pas encore les envolées lyriques du premier et ne possède pas le génial talent du second,…et réciproquement. Mais il est loin d’avoir l’âge des deux artistes évoqués ci-dessus et il a encore bien le temps de progresser, puisqu’il s’agit de son premier opus. Il n’en demeure pas moins que l’ensemble va laisser des stigmates significatifs!
Si l’arrière plan des différentes photographies est bucolique, il n’en est pas toujours de même avec ses suites d’accords qui allient souvent vélocité et country relookée, même si l’on croit percevoir ici et là quelques belles envolées pop jazzy, comme sur ‘Forever Love’ ou ‘Minor Adjustment’. Et un titre comme ‘The Gloves Are Off’ a, lui, des résonnances métallo-rock sudiste du meilleur aloi! La maison de production de Mike Varney ne s’intitulant pas Varney Metal Music Co pour rien…!
Et avec des titres comme ‘Bluesberry Jam’, joué lui au bottleneck, Johnny Hiland réussit la performance de ne pas rendre ennuyeux un disque essentiellement composé de nombreux morceaux purement instrumentaux, au nombre de dix.
Il faut donc attendre les Bonus Vocal Tracks pour découvrir le Johnny au chant. Et c’est ce qui constitue la deuxième vraie surprise de cette galette. On est même déjà tout fébrile à l’idée de recevoir un prochain album composé de nombreux morceaux chantés, car il a de la voix, le bonhomme.
Belle surprise et belle rencontre, aussi, que cet album, Johnny Hiland ayant rencontré les trois musiciens qui l’accompagnent à l’occasion de l’enregistrement de la présente rondelle: Stu Hamm à la basse nous gratifie de quelques envolées de très bon goût et Jeremy Colson à la batterie et Jesse Bradman aux claviers accomplissent leur travail de la meilleure des manières.

Un coup d’essai qui n’est pas loin d’être un coup de maître…!

Dominique Boulay
Paris-Move, Blues Magazine (Fr)
Johnny Hiland