JOHN WORT HANNAM – Long Haul

Black Hen Music
Americana
JOHN WORT HANNAM - Long Haul

Another Steve Dawson production, serait-on tenté d’énoncer en préambule à cette chronique du huitième album en date de John Wort Hannam, songster de Fort McLeod (Alberta, Canada). Cela fait une vingtaine d’années qu’après une carrière assidue d’instituteur, ce dernier s’est octroyé le challenge d’un total revirement de destin, embrassant celle de singer-player-songwriter à temps plein. Il lui aura fallu près de trois ans pour proposer un follow-up à son déjà célébré “Acres Of Elbow Room”, mais comme pour nombre de ses collègues de promotion, l’introspection forcée à laquelle le contraignit le confinement opéra un effet dynamisant sur sa créativité. La plage titulaire (que l’on pourrait traduire par “long courrier”) emprunte sa touche country-soul (mêlant slide guitar, pedal steel et orgue churchy) à l’immémoriale tradition qu’initia l’un des bands canadiens les plus emblématiques: The Band. Une introduction révélatrice, qui se poursuit avec ces tranches de vie concrète dont John tire sa glaise et son pain quotidien. “Hurry Up Kid” traite ainsi avec malice et  sensibilité de l’impatience d’un jeune couple lors d’une grossesse manifestement désirée, et “Wonderful Things” des joies simples mais précieuses de l’amour marital. Drivé par les arabesques virtuoses de la pedal steel de Steve Dawson et du violon crin-crin de Fats Kaplin, l’humoristique “Beautiful Mess” reprend (en duo avec Shaela Miller) la western-swing touch de Bob Wills et Spade Cooley, tandis que le languide “Old Friend” célèbre un ami disparu, et que “What I Know Now” dépeint les affres du remords et de la culpabilité. La country enlevée de l’égrillard “Meat Draw” n’aurait assurément pas déparé les répertoires de Willie Nelson, Kris Kristofferson ou J.J. Cale, et le swamp-rock “Twilight Diner” évoque autant Tony Joe White et le Jim Croce de “Bad, Bad Leroy Brown” que le “Nighthawks” d’Edward Hopper. “Other Side Of The Curse” est une délicate adresse envers une âme esseulée, et comme l’indique son titre, “Young At Heart”, une généreuse variation sur le thême du “Forever Young” de Bob Dylan. Voilà donc l’album d’un songwriter dans la force de l’âge, capable de se retourner sur son parcours sans renoncer pour autant à poursuivre sa route. Ni aigri ni blasé, John Wort Hannam mûrit en grâce et en inspiration, et ceci représente sans doute son disque le plus accompli à ce jour.

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, September 21st 2021

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John Wort Hannam – Long Haul (OFFICIAL VIDEO):

John Wort Hannam – Beautiful Mess (OFFICIAL Video) featuring Shaela Miller:

John Wort Hannam – Ain’t Enough:

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