JESS JOCOY – Let There Be No Despair

Autoproduction
Americana
JESS JOCOY - Let There Be No Despair

Nous l’avions découverte l’an dernier grâce à son second E.P., qui faisait suite à son tout premier LP, “Such A Long Way”, paru en 2019. Native des abords de Seattle Jess Jocoy s’est rapidement distinguée du peloton des aspirants à la nouvelle scène americana de Nashville. Bien que persistant à colporter un spleen de circonstance, cette nouvelle livraison prétend (comme l’indique son titre) discerner une lueur d’espérance parmi les tourments que traverse de nos jours l’humanité. S’accompagnant elle-même au banjo et à la guitare acoustique, elle bénéficie des arrangements boisés que lui prodiguent les cordes d’Ethan Ballinger (guitare électrique et acoustique, mandoline, banjo), Lydia Luce (viole, violon), Brian Allen (basse électrique et acoustique, violoncelle), à l’instar du drumming subtil et léger de Matt Alger. Parmi les poignants “Living In A Dying Town” (dans la veine d’une Tracy Chapman), “Two Shoulders” et “Waiting To Exhale” émergent ainsi ces “I Will Be Glad”, “The One I’m Living For” et “The Gardener” de résilience, de même que l’élégiaque plage titulaire. D’un timbre puissant et magistralement modulé, Jess Jocoy rappelle ici les Dolly Parton, Emmylou Harris et Alison Krauss de naguère et d’antan, en s’inscrivant dans la même veine entre folk, bluegrass et country (“Jericho Walls”, “Always”, “Common Kindness”). S’employant à traquer la moindre étincelle jusqu’au tréfonds des ténèbres les plus abyssales, cet album s’immisce avec acuité dans notre actualité, sans jamais pourtant en évoquer directement les turbulences. De l’intime à l’universel, Jess Jocoy entre ici en résonance avec les épreuves que traversent en tout temps chacune et chacun. Pas si mal, pour une si jeune âme encore, non?

Patrick Dallongeville
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, May 1st 2022

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