GEORGE MANN & MICK COATES – Ghosts Of The Old West

Running Scared Records
Americana, Folk
GEORGE MANN & MICK COATES - Ghosts Of The Old West

Nous vous avons déjà parlé de George Mann, à la parution de son album collectif de l’an dernier en hommage à l’activiste Si Kahn (“Labor Day – A Tribute To Hard Working People Everywhere”, chroniqué ICI). Musicien, songwriter, journaliste et activiste syndical (il œuvra une quinzaine d’années au siège de l’American Federation Of Musicians, à New-York), George a enregistré une douzaine d’albums sous son nom, et se produit désormais dans la région d’Ithaca où il s’est retiré, interprétant un song-book populaire à destination de personnes âgées, isolées ou déficientes. Lors d’une tournée en Australie où il se produisait en 2024 au Maldon Folk Festival, il rencontra son homologue Aussie Mick Coates, qui y tenait table ouverte en forme de hootenanny. Les deux compères s’y entendirent si bien que l’idée d’un album commun ne tarda pas à éclore de leur amitié naissante, et l’opportunité d’une visite de Mick aux States leur en fournit l’occasion. Entendant donner à leur collaboration une touche country & western, George et Mick commencèrent par se lancer le défi d’écrire chacun une chanson à propos des fantômes de l’Ouest ancien. On peut donc apprécier ici leurs contributions respectives à ce thème éculé, qui donne sans surprise son titre à cet album. S’ouvrant sur une composition originale de George (“For The West”), celui-ci présente, outre le fidèle Dave Davies à la contrebasse (sans relation avec l’ex-guitariste des Kinks!), le violon de Tim Ball, la guitare électrique alerte de Rich DePaolo et les chœurs d’Alice Staltonstall. Mick Coates est un fan résolu du regretté Johnny Cash (dont il reprend le répertoire en concert), et la proximité de son timbre vocal avec celui de l’Homme en Noir est sidérante dès son “That Sweet Plaintalking Country Girl” (à s’y méprendre). George reprend le micro pour la plage titulaire, chevauchée éperdue comme la tradition vernaculaire en suscita tant, avant que Mick ne reprenne la main pour le folky “The Irons From Limerick City”, se faisant l’écho de la colonisation historique du continent australien par la Couronne d’Angleterre, dont la main d’œuvre bon marché fut amplement pourvue par des forçats expatriés à leurs corps défendants. L’alternance remet ensuite George en lumière pour le sensible, splendide et délicat “They Call Her Dolly Parton”, qui lui fut inspiré par l’une de ses fréquentes incursions en maisons de retraite. Il n’est que temps pour Mick de respecter sa participation au contrat, avec son propre “The Ghosts Of The Old West”, où il évoque de sa voix de baryton la légende de Billy the Kid. Les deux comparses se partagent le micro pour “The Reverend Mr. Black”, que signèrent en leur temps Leiber & Stoller pour le Kingston Trio. Mick nous confond à nouveau, avec son interprétation de l’un des standards du répertoire de Johnny Cash, en la matière du “Ira Hayes” qu’écrivit Peter La Farge. George ne pouvait se priver d’inclure à cette set list un de ces chants syndicalistes dont il est le curateur, et c’est le magnifique “Anymore” de Harry Stamper qu’il interprète ainsi en chorus avec Elbonee ‘SingTrece!” Stevenson, épaulé par le bluegrass picking du décidément épatant DePaolo. La balle revient ensuite logiquement à Mick, pour le languide three-steps “The Lonesome Plains” que lui offrit Charlotte Buckton (alias Charlotte Le Lievre), avant que les deux complices ne joignent leurs voix au “‘Til The Cows And Roos’ Come Home” final, dont ils laissent leurs accompagnateurs se tailler la part du lion (soit, outre le grand DePaolo, Doug Robinson à la basse, Tim Ball au violon et Molly MacMillan au piano). Un bel album d’americana bon teint pour entamer une nouvelle année des plus incertaines, voilà qui ne sera certainement pas superflu!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co

PARIS-MOVE, December 26th 2025

Follow PARIS-MOVE on X

::::::::::::::::::::::::::