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Franco Ambrosetti feat. Janis Siegel – Voices: Qund le Jazz retrouve le langage des voix.
Il existe, dans le paysage du jazz européen, des musiciens dont le parcours témoigne d’une fidélité profonde à la musique, mais aussi d’une curiosité qui ne semble jamais s’épuiser. La Suisse a donné au jazz plusieurs personnalités remarquables, et Franco Ambrosetti appartient incontestablement à cette famille de musiciens pour lesquels la virtuosité n’a de sens que lorsqu’elle se met au service d’une véritable pensée musicale. Trompettiste, bugliste et compositeur, il possède cette qualité assez rare de savoir conjuguer la maîtrise instrumentale, l’élégance du discours et une sensibilité qui ne cherche jamais à s’imposer par la démonstration. Avec Voices, Ambrosetti ouvre un espace singulier. Il ne s’agit pas simplement de réunir quelques chanteurs de talent autour d’un ensemble de compositions et de standards. Le projet repose sur une conception plus ambitieuse de la musique : faire dialoguer l’instrument et la voix, retrouver la richesse d’une tradition du jazz vocal tout en lui donnant une respiration nouvelle. Dès les premières écoutes, on comprend que l’album ne cherche ni à céder aux facilités d’une nostalgie convenue ni à se conformer aux habitudes d’une production contemporaine. Il avance sur une ligne plus subtile, où la mémoire devient une matière vivante.
C’est aussi ce qui rend cette réalisation particulièrement attachante. Il y a dans Voices une élégance qui ne relève pas de l’affectation, une forme de retenue qui laisse aux mélodies le temps de se déployer et aux interprètes celui de trouver leur place. Tout semble procéder d’une même intention : servir la musique plutôt que multiplier les effets. Dans un univers où la performance et la sophistication technique sont parfois devenues des arguments en soi, cette simplicité apparente constitue déjà une forme de distinction. La présence de Janis Siegel représente, pour moi, l’un des attraits les plus évidents de cet album. J’ai toujours éprouvé une affection particulière pour The Manhattan Transfer, et plus encore pour cette chanteuse dont l’art a toujours dépassé les frontières habituelles du chant. Chez elle, la voix ne se contente pas de porter une mélodie ou d’en exprimer le texte. Elle devient un instrument à part entière, capable de précision rythmique, de souplesse harmonique, de nuances et de couleurs. Cette manière de faire vivre une phrase, de déplacer légèrement un accent, de donner à une note une inflexion presque instrumentale, appartient à une tradition du jazz vocal qu’elle a contribué à enrichir de façon remarquable. Ce qui me touche particulièrement chez Janis Siegel, c’est cette intelligence musicale qui ne sépare jamais la technique de l’émotion. Son chant possède une précision exceptionnelle, mais celle-ci ne donne jamais le sentiment d’une mécanique.
Chaque intervention semble pensée, habitée, et pourtant parfaitement libre. Elle sait se fondre dans un ensemble vocal sans perdre son identité, comme elle sait s’en détacher pour donner à une phrase une personnalité immédiatement reconnaissable. Son parcours, au-delà de l’aventure collective qui l’a fait connaître, témoigne d’ailleurs d’une curiosité artistique constante. Elle n’a jamais cessé d’explorer d’autres territoires, de multiplier les rencontres et de poursuivre un travail personnel qui révèle les nombreuses facettes de son talent. La retrouver dans un projet comme celui d’Ambrosetti est donc un plaisir particulier. Sa présence ne constitue pas seulement un élément de prestige : elle donne à l’ensemble une expérience, une profondeur et une qualité d’écoute qui se ressentent dans les équilibres vocaux.
Mais il serait réducteur de considérer Voices à travers cette seule présence, aussi importante soit-elle. L’album appartient d’abord à Franco Ambrosetti. C’est sa sensibilité qui en détermine l’atmosphère, sa conception du son qui en organise les équilibres, et son instrument qui en devient l’un des principaux fils conducteurs. Sa trompette ne cherche jamais à dominer les voix. Elle les accompagne, les interroge, leur répond, parfois les prolonge, comme si elle poursuivait une conversation commencée bien avant l’entrée de l’instrument.
Cette qualité d’écoute est peut-être l’une des grandes réussites du disque. Ambrosetti possède un sens très personnel de la retenue. Son jeu ne manque ni de lyrisme ni de présence, mais il sait éviter la surcharge. Une phrase peut s’interrompre au moment juste, une note peut rester suspendue sans qu’il soit nécessaire de la prolonger, un silence peut avoir autant de poids qu’une intervention plus développée. Cette économie de moyens n’est jamais une limitation. Elle révèle au contraire une confiance dans la musique et dans ceux qui la partagent.
On pense naturellement à Miles Davis, dont l’influence a profondément marqué plusieurs générations de trompettistes. Non pas seulement pour le son ou les choix harmoniques, mais pour cette manière de comprendre l’improvisation comme un art de la suggestion. Chez Ambrosetti, cette filiation ne se traduit pas par une imitation. Elle s’inscrit dans une personnalité musicale qui a su assimiler différentes traditions et les faire coexister. Il y a dans son approche quelque chose de profondément européen, une attention particulière à la construction, aux couleurs et à la qualité des arrangements, sans jamais renoncer à la liberté propre au jazz.
Pour comprendre une partie de l’univers qui traverse Voices, il faut sans doute revenir à une époque où les frontières entre jazz, musique populaire et arrangements vocaux étaient moins rigides qu’elles ne le sont devenues. Ambrosetti évoque ses premières découvertes musicales, au début des années 1960, avant que l’explosion des Beatles ne transforme profondément le paysage populaire. C’était une période où l’on pouvait passer d’un disque de Miles Davis à un enregistrement des Hi-Lo’s, de Ray Conniff à Bert Kaempfert, sans ressentir la nécessité de choisir entre des mondes prétendument incompatibles.
Cette coexistence des sensibilités a laissé des traces durables. Les grandes formations vocales, les arrangements orchestraux, les musiques de films aux harmonies raffinées et les inflexions du jazz participaient alors d’un même paysage sonore. Les mélodies étaient souvent au premier plan, mais elles s’appuyaient sur un travail harmonique et orchestral exigeant. La voix pouvait être traitée comme un instrument, les pupitres vocaux comme une section de cuivres ou de cordes, et les arrangements constituaient une véritable architecture musicale.
Voices retrouve quelque chose de cet esprit. Non pas en reproduisant les sonorités d’une époque révolue, mais en réactivant une certaine idée de l’élégance musicale. L’album ne se présente jamais comme une reconstitution historique. Il ne cherche pas à faire croire que le temps s’est arrêté. Il s’appuie plutôt sur une mémoire esthétique, sur une familiarité avec des formes et des couleurs qui ont marqué l’histoire de la musique populaire et du jazz, pour les faire entrer dans un contexte contemporain. C’est précisément cette relation au temps qui donne au disque une partie de son charme. La nostalgie, lorsqu’elle devient un programme, finit souvent par enfermer la musique dans une reproduction sans véritable nécessité. Ici, le passé n’est jamais un refuge. Il constitue une réserve de langage, une manière de retrouver certaines qualités que la production actuelle laisse parfois de côté : le goût de la mélodie, la finesse des harmonies, l’attention portée aux timbres et la place accordée à la respiration collective.
L’équilibre instrumental contribue largement à cette réussite. Autour d’Ambrosetti, Alan Broadbent au piano, Scott Colley à la contrebasse et Peter Erskine à la batterie forment un trio d’une grande expérience. Leur rôle ne consiste pas à fournir un simple accompagnement aux chanteurs. Ils construisent un environnement musical attentif, souple et constamment vivant. Le piano de Broadbent apporte une richesse harmonique et une grande finesse de toucher ; la contrebasse de Colley assure une assise à la fois ferme et mobile ; la batterie d’Erskine privilégie l’écoute, la précision et cette capacité à faire respirer la musique sans jamais alourdir le discours.
La qualité de ce trio tient autant à son niveau individuel qu’à son intelligence collective. Chacun sait intervenir sans rompre l’équilibre général. Les musiciens ne cherchent pas à occuper tout l’espace disponible. Ils laissent aux voix la possibilité de se déployer, tout en maintenant une présence instrumentale suffisamment affirmée pour que le jazz ne perde jamais son caractère improvisé. Cette discrétion active est essentielle : elle permet à l’album de conserver une véritable profondeur musicale, même dans les passages où les arrangements vocaux pourraient, à eux seuls, retenir toute l’attention. Il faut également souligner le travail d’Alan Broadbent, dont les arrangements vocaux constituent l’une des signatures les plus fortes de Voices. Son écriture révèle une connaissance profonde de la musique chorale et orchestrale, mais aussi une sensibilité harmonique qui dépasse largement le cadre du jazz traditionnel. Son intérêt pour Mahler, notamment, éclaire certains choix de construction et cette manière de donner aux voix une ampleur presque symphonique. On y perçoit parfois une dimension postromantique, une recherche de profondeur et de suspension qui évoque les grandes architectures harmoniques de la fin du XIXe siècle.
Cette richesse ne se traduit pourtant jamais par une lourdeur. Les arrangements savent rester transparents, même lorsqu’ils superposent plusieurs lignes vocales. Les voix s’entrelacent, se répondent, se rapprochent puis s’écartent, comme si elles formaient un ensemble instrumental doté de sa propre respiration. À certains moments, les couleurs harmoniques évoquent aussi Debussy, avec cette façon de privilégier les nuances, les miroitements et les transitions plutôt que les affirmations trop appuyées. Il ne s’agit pas de références plaquées, mais de parentés sensibles, perceptibles dans la manière dont les accords et les timbres sont organisés.
“Desert Rose”, composition d’Ambrosetti sur des paroles de Giorgia Mancio, en offre une illustration particulièrement convaincante. Dans sa dimension a cappella, le morceau met à nu la qualité du travail vocal. Sans le soutien habituel du trio, les voix doivent porter seules l’harmonie, le rythme et l’émotion. Cette absence d’accompagnement instrumental ne crée aucun vide. Elle révèle au contraire une architecture d’une grande précision, où chaque intervention prend une importance particulière. Les voix deviennent un instrument collectif, à la fois délicat et parfaitement maîtrisé. C’est l’un des moments les plus poétiques de l’album, et sans doute l’un de ceux qui permettent le mieux d’en comprendre l’ambition.
La présence d’Aubrey Johnson et de Carolyn Leonhart apporte une autre dimension à cet univers. Leurs personnalités vocales ne se confondent pas, et c’est précisément ce qui enrichit l’ensemble. Aubrey Johnson possède une souplesse et une agilité qui lui permettent de naviguer avec naturel entre les exigences du jazz contemporain et la précision des arrangements collectifs. Son chant conserve une liberté rythmique très appréciable, sans jamais fragiliser la cohésion de l’ensemble. Carolyn Leonhart, de son côté, apporte une présence d’une grande finesse. Son expérience des ensembles vocaux et des univers musicaux variés se traduit par une maîtrise du phrasé et des nuances. Elle sait donner à une ligne mélodique une expression personnelle tout en respectant la logique d’un arrangement collectif. Ce qui frappe chez ces interprètes, c’est leur capacité à ne jamais confondre virtuosité et démonstration. Elles possèdent les moyens techniques nécessaires, mais elles les mettent au service d’une intention musicale plus large.
Trist Curless complète ce paysage vocal avec une personnalité bien distincte. Son expérience au sein de The Manhattan Transfer l’inscrit dans une tradition où la précision des harmonies, la richesse des timbres et la dimension presque instrumentale du chant occupent une place centrale. Mais sa participation ne se réduit pas à la transmission d’un héritage. Elle s’intègre naturellement à une proposition qui réunit plusieurs générations et différentes sensibilités. C’est d’ailleurs l’un des aspects les plus intéressants de Voices : le disque ne cherche pas à célébrer une époque ou une école particulière, mais à faire dialoguer des parcours qui ont en commun une même exigence musicale.
Cette diversité pourrait facilement conduire à une juxtaposition de prestations individuelles. Il n’en est rien. L’ensemble possède une cohérence remarquable, parce que les interprètes semblent partager une même conception du travail collectif. Les voix ne rivalisent pas pour attirer l’attention. Elles construisent un discours commun, dans lequel les personnalités individuelles demeurent perceptibles sans compromettre l’équilibre général. Il faut une véritable intelligence musicale pour obtenir un tel résultat, et l’on mesure ici combien le projet repose sur la qualité des rencontres autant que sur la précision de son écriture.
Le choix du répertoire participe lui aussi à cette cohérence. Les compositions et les standards ne sont pas traités comme des morceaux indépendants réunis pour satisfaire des sensibilités différentes. Ils s’inscrivent dans un parcours où chaque pièce apporte une couleur, une atmosphère ou une manière particulière d’aborder la relation entre voix et instruments. ” Four “, de Miles Davis, rappelle l’ancrage jazz du projet et la place essentielle de l’improvisation. ” Once Upon a Summertime “, associé à Michel Legrand, introduit une autre forme de lyrisme, où la mélodie et la sophistication harmonique se rejoignent avec une grande naturel.
“I’m Old Fashioned”, de Jerome Kern, avec la participation de Gianluca Ambrosetti au saxophone soprano, illustre parfaitement cette capacité à faire dialoguer une tradition mélodique avec une approche instrumentale plus contemporaine. La pièce ne cherche pas à moderniser artificiellement un classique. Elle en retrouve plutôt l’élégance et la souplesse, en laissant les arrangements et les interprètes en révéler de nouvelles nuances. ” Dindi “, de Carlos Jobim, apporte quant à lui cette lumière particulière de la musique brésilienne, où la simplicité apparente de la mélodie dissimule souvent une grande subtilité harmonique. La présence de John Scofield sur plusieurs titres constitue un autre élément intéressant. Son langage instrumental, immédiatement identifiable, apporte une couleur différente à l’ensemble. Sa manière de faire circuler les phrases, son sens du rythme et son rapport très personnel à l’harmonie s’intègrent à la musique sans en modifier l’équilibre. Là encore, il ne s’agit pas d’accumuler les invités prestigieux, mais de faire intervenir des personnalités capables d’enrichir le propos sans le détourner.
Et puis il y a “Waltz for Debby”, de Bill Evans, qui clôt l’album. Le choix de cette œuvre n’est pas anodin. Elle appartient à un univers où la délicatesse, la mélancolie et la transparence harmonique occupent une place centrale. Elle semble presque résumer l’esprit de Voices : une musique qui préfère la suggestion à l’affirmation, la nuance à l’emphase, et qui trouve sa force dans la qualité des relations entre les interprètes. La conclusion ne cherche pas à produire un effet spectaculaire. Elle laisse plutôt une impression durable, celle d’un ensemble qui a su trouver son équilibre et qui n’a pas besoin d’en faire davantage pour convaincre. La production mérite également d’être soulignée. Elle donne à chaque voix une présence distincte, sans jamais isoler artificiellement les chanteurs les uns des autres. Les instruments disposent de l’espace nécessaire, les arrangements restent lisibles et les différentes strates sonores conservent leur relief. Cette transparence est particulièrement importante dans un projet où la superposition des voix pourrait rapidement devenir compacte ou démonstrative. Ici, tout semble avoir été pensé pour préserver la clarté du discours et la qualité des timbres.
Mais la réussite d’un album ne se mesure pas uniquement à la qualité de ses interprètes, à la sophistication de ses arrangements ou à la précision de sa réalisation. Elle tient aussi à cette sensation plus difficile à définir : l’envie de rester dans la musique, de prolonger l’écoute, puis de recommencer. Voices possède précisément cette qualité. Lorsque le dernier morceau s’achève, on éprouve naturellement le désir de revenir au premier, non pour retrouver une séquence familière, mais parce que l’ensemble forme un univers dans lequel on a plaisir à séjourner.
C’est peut-être là que réside la réussite la plus profonde de Franco Ambrosetti. Il a su réunir des musiciens et des chanteurs d’une grande qualité sans transformer l’album en démonstration de savoir-faire. Il a trouvé un équilibre entre la mémoire et le présent, entre l’écriture et la liberté, entre la sophistication des arrangements et la spontanéité du jazz. Surtout, il a compris que la voix pouvait être bien davantage qu’un support mélodique : un partenaire instrumental, une matière harmonique, un espace d’expression et de dialogue.
Pour les amateurs de grandes formations vocales, certaines présences réveilleront naturellement des souvenirs et des fidélités anciennes. Mais l’intérêt de Voices dépasse largement cette dimension. L’album ne se contente pas de rappeler une tradition prestigieuse ; il montre que celle-ci demeure capable d’évoluer, de s’ouvrir à de nouvelles sensibilités et de trouver sa place dans le jazz d’aujourd’hui. Les générations se rencontrent sans se confondre, les héritages se transmettent sans devenir des modèles figés, et les voix continuent d’inventer leur propre langage.
Janis Siegel reste, pour moi, l’une des grandes raisons de revenir à cet album. Mais c’est bien Franco Ambrosetti qui lui donne sa perspective et son unité. Sa trompette, tour à tour lumineuse, retenue et profondément lyrique, ne cherche jamais à prendre le dessus. Elle écoute, accompagne, répond et finit par devenir indissociable de cet ensemble vocal. Cette façon de mettre son talent au service d’une vision collective révèle une maturité artistique particulièrement touchante. Voices est ainsi bien davantage qu’une rencontre réussie entre un grand trompettiste et plusieurs chanteurs remarquables. C’est un album de transmission et de partage, un disque qui assume la richesse de son passé sans renoncer à son présent. Il rappelle que le jazz peut encore accueillir l’élégance, la poésie et la beauté mélodique sans perdre sa liberté. Et surtout, il démontre qu’une musique profondément ancrée dans une histoire peut continuer à respirer, à surprendre et à émouvoir.
Il arrive que certains albums séduisent par un morceau, une interprétation ou un instant particulier. D’autres donnent envie d’être réécoutés dans leur intégralité, parce qu’ils possèdent une cohérence et une atmosphère qui leur sont propres. Voices appartient à cette seconde catégorie. C’est un disque d’une grande délicatesse, porté par des musiciens exceptionnels et par une conception de la musique où l’écoute demeure la première des vertus. Une réussite élégante, généreuse et profondément humaine.
Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News
PARIS-MOVE, November 5th, 2026
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Musicians :
Franco Ambrosetti, Flugelhorn, trumpet
Alan Broadbent, piano, arranger, conductor
John Scofield, guitar on tracks 2,7,9
Scott Colley, bass
Peter Erskine, drums
Gianluca Ambrosetti, saxo soprano, on track 6
Vocalists
Aubrey Johnson, soprano
Janis Siegel, alto 1
Caroline Leonhart, alto 2
Kevin Osborn, tenor
Trist Curless, baritone, bass
Jeff Levenson, producer
Tracking List :
Four
Five Notes
Once Upon a Summer Time
So Many Stars
Desert Rose
I’m Old Fashioned
Dindi
Vida Real
Waltz for Debby
