| Heavy Rock, Prog' Rock |
Lauréat du prix “Best Overseas Band” (meilleur groupe étranger) décerné par la Classic Rock Society anglaise, le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste lyonnais Franck Carducci en est déjà à son sixième album depuis 2011. Revendiquant des influences puisées à la source de mastodontes du rock des mid-seventies, il a assuré la première partie de Sting en 2022, et bénéficie même du soutien de Steve Hackett (ex-guitariste de Genesis), qui a participé à l’enregistrement de son second opus. Dès l’orgue Hammond vintage qui introduit la plage d’ouverture, les usual suspects se dévoilent: de Whitesnake et Purple à Wishbone, on sent bien que notre homme a digéré ses Coverdale, Blackmore et Powell, et qu’il connaît leur bréviaire sur le bout de ses onglets. Ce que confirme d’emblée “Self-Righteousness”, où le rôle du regretté Jon Lord échoit à Anthony Honnet, tandis que Franck y assume à lui seul le chant, la basse et les licks d’une guitare tour à tour tranchante (ces riffs cinglants) et lyrique (ces choruses en flammêches ascendantes). Avec l’harmonica subtil de Gilles Carducci, la ballade “Sweet Cassandra” n’aurait pas déparé sur un album millésimé de Badfinger ou de Cockney Rebel (elle revient telle un leitmotiv à deux reprises, dont une instrumentale), tandis que, première pièce montée (et de résistance), “The Betrayal Of Blue” déploie sur plus de dix minutes un romantisme narratif où les ombres des Beatles de “Magical Mystery Tour” le disputent à celles du Floyd de “Wish You Were Here”, de Caravan et du Manfred Mann’s Earth Band. L’orgue et de puissants riffs de six cordes y sont à nouveau à l’honneur, tandis qu’une métrique tarabiscotée met la rythmique à rude épreuve (quand cette dernière n’est pas occupée à épouser le pattern du pont western-spaghetti de “Child In Time”). Avec son gimmick de claviers et son solo de guitare électrifiée signé Barth Sky, l’enlevé “The Limits Of Freedom” sonne pour sa part comme un outtake du “Crime Of The Century” de Supertramp. Seconde longue suite, “Love Or Survive” évoque quant à elle le Genesis de “Wind & Wuthering” et “A Trick Of The Tail”, pour déboucher (après un ultime intermède “Sweet Cassandra”) sur le sarcastique “Do What You’re Told” final (accent cockney outré à l’appui). Que certains esprits chagrins le taxent d’anachronisme ne semble guère affecter notre Carducci national, puisque celui-ci persiste à se produire de par l’Europe entière à la tête d’un show aussi théâtral que sa musique elle-même. À notre époque où même des Sex Pistols rebootés (et pour certains septuagénaires) trustent les affiches de foires aux bovins, nous ne lui jetterons certes pas la pierre. Bref, si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres…
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, June 26th, 2026
Follow PARIS-MOVE on X
::::::::::::::::::::::::::