FACTORY – L’AMERIQUE A LA CASSE !!!

SIMPLEX RECORDS
Rock
FACTORY - L’AMERIQUE A LA CASSE !!!

Factory? Un nom qui claque comme la lame d’un cran-d’arrêt dans une ruelle sombre du Bronx. Factory? Est-ce l’atelier d’artistes branchés d’Andy Wahrol, du 33 Union Square West à NYC, d’où sortirent les innombrables œuvres pop’art de Wahrol, un lieu magique et assidument fréquenté par le nec plus ultra du rock interplanétaire entre Lou Reed & The Velvet Underground, Mick Jagger, Brian Jones et tant d’autres…? Non, pas du tout! Je tenais à vous parler et à rendre justice au mythique groupe de rock Factory, originaire de Givors. Givors, ville sidérurgique, grise, blafarde et prolétaire, située à quelques encablures de la Capitale des Gaules et de la fameuse soupe aux truffes de chez Paul Bocuse. Mais à Givors, au milieu des 70’s, point de quenelles de brochet ou de soufflés au Grand-Marnier des grandes tables de Collonges-au-Mont-d’Or, mais plutôt place à la fraiseuse et au tour d’une triste usine métallurgique à l’agonie, dont le carnet de commandes est aussi rachitique que le solde de mon compte-bancaire et dont les seules couleurs vives susceptibles d’exalter les rétines sont les affiches rouges-sang de la CGT annonçant un meeting de Georges Séguy dans la région, collées à la hâte sur ses murs noirâtres et oxydés. Pas très rock’n’roll comme avenir et difficile de rêver en 1975 pour la jeunesse rebelle de cette banlieue lyonnaise, qui s’emmerde considérablement au flipper du bistrot de quartier, tout en écoutant inlassablement It’s Only Rock‘n’Roll (But I Like It) des Rolling Stones. Les futurs Factory, emmené par le légendaire Yves Matrat, épris de liberté et de musique, vont définitivement abandonner l’idée saugrenue du bleu de chauffe, pour le jean et le Perfecto. Ce n’est pas interdit de rêver… Factory s’avèrera comme le groupe français le plus Stonien et Yves Matrat comme un mélange physique et philosophique entre Mick Jagger et Steven Tyler d’Aerosmith, certainement à cause d’une ouverture buccale hors-norme qui caractérise les susnommés, leur permettant de croquer la vie goulument et à pleines dents. Cet album de Factory intitulé L’Amérique à la Casse!!! (est-ce un titre prémonitoire…?), regroupe 11 titres totalement inédits, enregistrés entre 1977 et 1980, 11 pépites d’un rock hargneux et rageux, exhumés et dépoussiérés par l’excellent label Simplex Records.

Factory s’imposera rapidement comme l’une des figures de proue du rock lyonnais, entre Rhône et Saône, avec Starshooter, Ganafoul, Marie et les Garçons, Electric Callas, Killdozer, etc… Yves Matrat, en showman époustouflant, au jeu de scène théâtral et excentrique, le chanteur le plus glamour du rock hexagonal, le chanteur qui transpirait la trilogie sex & drugs & rock’n’roll, Puce en guitariste hors pair aux riffs ciselés, Denis Fusi en Keith Richards Givordin, Baps et Fourmi assurant une rythmique chirurgicale, ne manquaient pas de qualités et de talents, ce qui aurait dû faire de Factory l’un des groupes français majeurs, au même titre que Téléphone. Hélas, malgré trois albums remarquables, Black Stamp (Cobra 1977), Cache Ta Joie (Pathé-Marconi 1979) et Roulez-Jeunesse (Pathé-Marconi 1982), une comédie musicale, la BO du film Le Bahut Va Craquer de Michel Nerval en 1981, une envoûtante version reggae de A La Claire Fontaine, etc…  Factory ne se relèvera pas de la mort accidentelle de Philippe Veau, alias Fourmi, et des ventes modestes de leurs différentes œuvres discographiques, et jettera l’éponge en 1988. Alors que Pathé aurait dû effectuer un travail de fond sur le groupe, avec des moyens et une promo en parfaite adéquation avec leur musique jubilatoire, entre rock-boogie-reggae, entre les Stones et Chuck Berry, cette dernière, à des fins mercantiles, préférera tout miser sur Téléphone, abandonnant Factory à son triste sort et à un inexorable split. Pendant des années, j’aurais honte de mon pays, honte du public totalement lobotomisé et endoctriné par les diktats des grands médias, et surtout honte des ‘grandes’ maisons de disques (Pathé), qui n’ont pas su, ou n’ont pas voulu, porter Factory au firmament des étoiles du rock français. Alors, pour renverser l’histoire et remettre les pendules à l’heure, une seule chose à faire, acquérir rapidement l’album d’inédits de Factory, un album INDISPENSABLE de l’une des plus grandes injustices et des plus grandes énigmes de l’histoire du rock français, et du rock tout court!

Serge SCIBOZ
Paris-Move

PARIS-MOVE, May 13th 2024

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