Dream Theater – Dream Theater

Roadrunner / Warner Music
Rock

Si ‘A Dramatic Turn Of Events’ (2011) s’est seulement révélé excellent, ce douzième album studio homonyme tutoie la perfection. L’inspiration est revenue au niveau des prouesses techniques: au plus haut des cieux. ‘False Awakening Suite’, orchestral et pompeux au sens mélioratif, renouvelle l’exercice de style ébauché sur ‘Six Degrees Of Inner Turbulence’ (2002): l’opéra Rock… Puisse-t-il être développé sur l’entièreté d’une sortie future. Le ton général, très Metal, est donné par les Music Man 7-cordes de John Petrucci, en accordage standard ou descendues d’un ton. L’instrumental de geeks ‘Enigma Machine’ a tout du futur classique que le batteur Mike Mangini pourra étirer au-delà de 6 minutes en live… Avec, en toile de fond, une animation fun inspirée de la BD Spy Vs. Spy, starring les tronches de tueurs que se sont faites Jordan Ruddess (claviers) et Petrucci. Lorsque ce dernier repasse en 6-cordes, l’influence de Rush, collègue de label, se fait ponctuellement ressentir (‘The Looking Glass’, ‘Surrender To Reason’)… Une filiation somme toute plus naturelle qu’avec Muse (Octavarium, 2005). James LaBrie, castré par Petrucci et John Myung (basse) pour l’écriture des paroles, livre une prestation sans faille d’interprète. Il reste aux plus têtes brûlées d’entre les musiciens amateurs de se réapproprier ces nouveaux titres, sachant que, contrairement aux deux derniers albums qui avaient aussi fait l’objet d’un songbook clavier, seul le ‘guitar recorded version’ est prévu chez Warner Chappell /Hal Leonard. Le jeu en vaut la chandelle car Dream Theater, qui assure sa propre première partie en tournée, meuble l’entracte avec moult extraits choisis sur YouTube de ses reprises les plus…originales.

Jean-Christophe Baugé
Metal Obs’ / Blues Magazine / Paris-Move

Dream Theater