Distant Birds, Vol. 01 & 02 (FR review)

Earshift Music – Street date : 15 May 2026, via CD, LP and digital
Jazz
Distant Birds, VOL. 01 & 02

Résumé: Distant Birds combine des éléments de jazz des années 1970 avec des sons modernes pour créer un album qui vous attire et vous fait réfléchir. C’est un mélange de grooves et de textures qui vous plonge dans une atmosphère unique.

Un album hypnotique où le groove des années 1970 rencontre des paysages sonores contemporains

Distant Birds est un projet musical qui aime jouer avec les rythmes et les sons. Il prend ses influences dans les années 1970, mais reste ancré dans le présent. L’album est comme un voyage sensoriel, où vous vous laissez emporter par l’ambiance plutôt que de suivre des chansons distinctes. L’idée n’est pas de plaire à tout le monde tout de suite, mais de vous faire découvrir quelque chose de nouveau.

Le jazz a toujours été un genre qui aime mélanger les styles. D’un côté, il explore des paysages sonores vastes et évocateurs, et de l’autre, il utilise des éléments de funk et de studio pour créer un son unique. Distant Birds se situe juste au milieu de ces deux mondes. Le son peut parfois sembler vieux, mais il y a toujours une touche de modernité avec des claviers, des guitares et des saxophones qui donnent une impression d’aujourd’hui. Ce dialogue entre le passé et le présent est ce qui fait que l’album est si spécial.

Le groupe est composé de musiciens australiens avec des parcours différents, mais qui partagent un amour pour le groove, les textures et l’improvisation. Vous pouvez entendre des éléments d’afrobeat, de soul ou de dub reggae, mais tout est ancré dans l’héritage des années 1970. Les chansons prennent leur temps, se construisent couche après couche, avec des nappes de Moog et des harmonies chaudes de Fender Rhodes qui créent une matière sonore dense et luxuriante.

Les cuivres, avec Ellen Kirkwood à la trompette et Matt Ottignon au saxophone, interviennent de temps en temps, non pour être les vedettes, mais pour renforcer la texture collective. Leur rôle est de faire partie d’un organisme sonore qui évolue sans arrêt. Les individualités s’effacent au profit de l’ensemble.

Distant Birds n’a pas peur de prendre son temps. Les chansons peuvent durer jusqu’à seize minutes sans se soucier du format radio. La répétition est une esthétique qui vient d’une époque où le groove pouvait s’étirer sans limites. Parfois, cela peut sembler un peu long, mais c’est dans cette tension que l’album trouve son originalité.

L’expérience d’écoute dépend de chacun. La répétition peut vous hypnotiser et vous faire écouter les moindres détails, ou vous donner l’impression que cela dure un peu trop long. L’album ne choisit pas entre l’immersion totale et la dérive douce.

Enregistré en prise directe, sans montage ni retouche, le disque conserve toute la spontanéité du jeu collectif. Les idées surgissent, se transforment et s’empilent en temps réel. L’auditeur n’écoute pas seulement des chansons, il entre dans un espace où les textures et les rythmes se construisent au fil du temps.

Les amateurs de groupes comme The Necks ou des formations expérimentales à la Can trouveront sûrement leurs marques. Mais d’autres pourront être désorientés, car l’album ne donne pas de repères et demande de la patience et une ouverture d’esprit.

Par moments, on entend des souvenirs de maxi vinyles ou d’albums comme Just a Poke de Sweet Smoke. Mais Distant Birds est plus sombre, plus urbain, presque industriel. L’écoute fait penser à une promenade nocturne, avec du béton, des réverbérations et des bruits de machines étouffés. Les grooves ne cherchent pas à faire danser, ils persistent, têtus, presque méditatifs.

On trouve de vraies fulgurances, notamment dans le jeu de claviers, qui insuffle une instabilité fertile. C’est là que l’improvisation éclate, impossible à figer.

Dans cette exploration du temps et de l’espace sonore, Distant Birds se glisse dans une tradition australienne attentive aux dynamiques lentes et aux paysages étendus. L’album parlera sûrement aux amoureux du jazz en marge, des musiques expérimentales ou des sons post-rock.

C’est difficile de placer clairement Distant Birds dans le jazz contemporain. Avec son goût pour la répétition, la longueur et les textures, il se rapproche plus de certaines ambiances rock, pop ou électroniques. Ici, la virtuosité et la complexité des harmonies laissent la place à une réflexion sur le temps, la matière, la sensation.

Au fond, Distant Birds ne cherche pas à finir ni à s’imposer. Ce n’est ni un chef-d’œuvre absolu, ni un album anodin. C’est avant tout une expérience, une interrogation sur la répétition et la patience. L’intention est claire, l’exécution parfois moins convaincante, mais l’atmosphère reste longtemps.

Cet album n’exige rien, il invite juste à s’attarder.

Thierry De Clemensat
Member at Jazz Journalists Association
USA correspondent for Paris-Move and ABS magazine
Editor in chief – Bayou Blue Radio, Bayou Blue News

PARIS-MOVE, April 29th 2026

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To buy this album

Musicians:
Chris Abrahams | Keyboards
Dave Symes | Bass
Evan Manell | Drums
Ellen Kirkwood | Trumpet
Matt Ottignon | Baritone Saxophone

Track Listing:

  1. Drill
  2. Sea Grass
  3. Spirit Level
  4. Driver

Background info/ Liner Notes:
Recorded at Studios 301
Engineer: Dan Frizza
Recorded at Challis Studios.
Engineer: Chris Abrahams and Dave Symes
Mixed by Bob Scott at Dodgy Sound
Mastered by Steve Smart at Studios 301
Music Written and Produced by Chris Abrahams and Dave Symes