| Heavy Rock |
On le sait bien depuis le retour des Black Crowes, les seventies sont à nouveau en odeur de sainteté, avec des groupes tels que Blues Pills, Wolfmother ou encore Rival Sons. Les ateliers chinois, taïwanais et pakistanais ont repris en conséquence la confection de pattes d’eph et autres dyed jackets, tandis que dans nos centre-villes, les barbiers supplantent progressivement les tatoueurs, et que les ventes d’encens et de patchouli reprennent de plus belle. D’ici que l’on nous serve sous peu de nouveaux pastiches de “The Trip” et “Easy Rider”… Depuis Toulouse, ce quatuor constitué autour de la chanteuse Mélanie Lesage nous adresse son premier LP (à la suite de deux EPs parus respectivement en 2020 et 2023), dont le ton et les fragrances s’inscrivent résolument parmi ces tendances. Avec déjà plus de 120 concerts à leur actif (en France et en Espagne) et quelques premières parties prestigieuses (Sting, Ko Ko Mo), ces jeunes gens ont pris leur temps avant de proposer ces dix originaux, pour l’enregistrement desquels ils ont courageusement opté pour le DIY, poussant la démarche jusqu’à confectionner eux-mêmes certains de leurs instruments, amplis et racks d’effets, ainsi que les visuels résolument rétros de ce digipack cartonné. Captée quasiment live au Studio Capitole toulousain (ainsi, pour partie, que dans une maison pyrénéenne), cette livraison s’ouvre sur un “Reach Out For Me” où éclatent d’emblée les atouts de la formation: rythmique aussi souple qu’efficace, slide guitar coulée, orgue vintage, et surtout le timbre puissant et modulé d’une vocaliste n’ayant rien à envier à ses homologues anglo-saxonnes. Premier essai confirmé par l’enlevé “Slow It Down”, déboulant sur un improbable Motown beat détourné en heavy-rock (imaginez si vous le pouvez “Tainted Love” interprété par Cactus!). Ces références se perpétuent au fil des furibonds “The Game”, “Let Go” et “Mr Woop Woop”, tandis qu’avec son orgue façon Jon Lord, le caracolant “Big Girl” navigue entre Vanilla Fudge et Deep Purple. Le tendre et acoustique “Sweet Little Girl” offre un répit à la brutalité, tandis que Mélanie y déploie toutes les nuances dont elle s’avère capable, avant que les puissants mid-tempo “Deep Into My Eyes” et “I’ve Been” n’établissent une connexion patente avec le Zep de “Physical Graffiti”, si cher au regretté Jeff Buckley (autour de leur chanteuse émérite, les garçons y assurent avec une impressionnante chutzpah). Initialement paru sur leur premier E.P, le remake de leur propre “Jekyll & Hyde” s’intègre sans à-coup dans l’ensemble, et avec ses beats implacables, ses solistes et arrangements millésimés et sa chanteuse au coffre et au charisme dignes d’une Beth Hart ou d’une Layla Zoe, Damantra se révèle assurément de l’étoffe dont on fait les têtes d’affiche.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, January 11th 2026
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