| Musique classique |
Bon sang ne saurait mentir: nièce éloignée de Django en personne, la pianiste, compositrice et productrice anglo-espagnole Charlotte Reinhardt alterne ses résidences entre la France et les monts austères de Cantabrie. Et de sa mère gitane à son père anglais, ses études au conservatoire national supérieur de Paris (ainsi que son parcours jazz) lui valent un patrimoine culturel des plus étendus. Sollicitée par des artistes d’horizons aussi divers que Patricia Petitbon, Andréa Bocelli, Laurent Voulzy, Jim Beard (et côtoyant des musiciens tels qu’Emmanuel Bex, André Charlier, Benoît Sourisse ou Eric Legnini), elle officie également à l’Opéra national de Paris auprès de Roberto Alagna, Placido Domingo, Sonya Yoncheva et Robert Carsen, et orchestre des arrangements pour des scénographies de Coline Serreau et Benoît Jacquot. Après son “Colors” d’il y a trois ans (récemment suivi de sa version limitée Deluxe), elle nous revient avec ce “Fables”, œuvre quasi-instrumentale (la voix n’y intervient que pour de sporadiques chœurs) où, accompagnée du violoncelle de Juliette Serrad, des guitares de Yannick Robert et de la batterie de Franck Agulhon, elle oscille du contemplatif (“Obermann”, “Les Fauves”, “Les Brumes”, “Floating Blue”, “Lee Bluette”, “Les Autres”) au romantique (“Sable”, “El Laberinto De Angel”, “Trois Chevaux”, “Les Arbres”, “Pasos Perdidos”, “Tres Mares”, “Les Ombres”, où elle confronte Satie, Chopin et Debussy). Un album où la mélancolie cède souvent le pas à l’éblouissement: sans doute le soundtrack idéal pour un hiver où l’indicible le dispute à l’incertain. En treize pièces brèves mais intenses, Charlotte Reinhardt nous rhabille pour la saison, et ce n’est ni acerbe, ni complaisant, mais d’une beauté aussi saisissante qu’insaisissable.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, November 29th 2025
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