Bonnie Bramlett : I Can Laugh About It Now

Music Avenue – CD 250161
Blues

Grand écart entre la couv du livret avec cette photo d’une blonde plantureuse qui éclate de rire et la voix de diva black que vous découvrez dès le premier titre lancé : Love The One You’re With. En écoutant Bonnie secouer cette chanson signée Stephen Stills et de sa voix grave donner à ce morceau folk une dimension, une envergure de titre pour soul lady, vous ne vous étonnez plus pourquoi le dénommé Ike Turner a fait savoir son admiration pour la voix de cette belle plante, la consacrant à sa manière en disant qu’elle (la voix, bien sûr…) lui rappelait les grandes années de Ike & Tina Turner. Et c’est vrai que l’adaptation de Love The One You’re With aurait très bien pu être siglée du mythique couple black des 70’s. L’énergie est là, débordante, et l’on ne songe déjà plus qu’à une seule chose, voir cette Bonnie là sur scène, entourée de cuivres et de guitares acérées. Et pourquoi pas au Bay Car… ?

Même si neuf des douze titres sont des reprises, on en prend plein les oreilles et finalement on se dit que vaut mieux de splendides reprises que des compos peu originales (et je ne vise personne…). Ecoutez cette version de A Change Is Gonna Come, signé Sam Cooke : il fallait une sacrée dose de courage et de culot pour la reprendre, celle là, mais la blonde Bonnie a l’audace, le coffre et la voix pour sublimer pareille chanson, car oui, la Miss la sublime, cette chanson, à vous faire dresser les poils.

Après trois titres seulement je suis conquis, me demandant toutefois si le reste de l’album va pouvoir tenir le niveau prometteur de ce début…. Avec la chanson suivante, The Work Song, mon inquiétude s’efface de suite et le charme opère, encore et encore. Bonnie est aussi à l’aise sur les rythmes chaloupés que sur les slows ou les incantations, mais c’est indéniablement sur les morceaux lents ou plus jazzy que la blonde Ronnie me fait craquer : exceptionnelle de sensualité et de tendresse sur Love Hurts, elle se fait féline, émotive sur I’m Confessin’, et diva sur That Lucky Old Sun. Avec Harlem Nocturne comme dernier titre dans cette ambiance de club intimiste dans lequel Bonnie vous aura lentement emmené, vous craquerez comme moi et vous vous remettrez l’opus en totalité tant vous ne pourrez plus vous passer de cette voix là,…sublime, brûlante à vous faire fondre des glaçons sur la banquise.

Frankie Bluesy Pfeiffer
BLUES MAGAZINE©
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Bonnie Bramlett