Big Dez – Lazy Star

Mosaic Music Distribution
Blues

Après trois albums studio et un ‘live’, Phil Fernandez nous revient en compagnie de Rodolphe Dumont à la guitare, Bala Pradal aux claviers, Marc Schaeller à l’harmonica, Lamine Guerfi à la basse et Stéphane Minana à la batterie pour un cinquième opus de classe internationale à la teinte bluesy particulièrement rock.
Le frontman y signe 10 nouvelles compos, offrant l’une des onze plages de cet opus à un titre griffé Bala Pradal et co-produisant le tout avec son compère Philippe Almosnino. Signe que la complicité entre les êtres peut façonner de bien beaux joyaux.

A l’instar de la photo de couv et de la Miss qui vous accueille dans sa chambre d’hôtel, l’album va en surprendre plus d’un tant le Phil a planté des banderilles dans tout ce que le blues a pu engendrer de groovy et funky, jusqu’au rock le plus saignant.
Cela démarre d’ailleurs à vive allure avec un ‘Lazy Star’ qui aurait pu figurer sur bon nombre de galettes de formations rock avant d’ouvrir les portes de l’enclos texan pour ‘Another Ride’ dont je vous recommande tout particulièrement le final, avec guitare incendiaire qui semble ne jamais vouloir stopper sa course.
Avec ‘Lucky Devil’ le frontman impose un tempo beaucoup plus lent pour que les lascars de Big Dez mettent le feu à la maison bleue. Un slow assassin à vous faire dresser les poils. La voix de Phil est toujours aussi inclassable et unique, avec ce grain qui lui est propre, cette luminosité étrange qui la range parmi les inclassables, comme Tom Waits et autres Billy C.

Dans cette randonnée très power-blues, faites un passage par ‘Entertain Me’ et son harmonica particulièrement inventif et festif, ‘Take Me To South Carolina’ avec son intro aux claviers que vous fredonnerez encore et encore, sans vous lasser, ou encore ce (trop) court ‘Her Own Way’ au rythme diabolique à faire se relever n’importe quel paralytique.
Bala Pradal et Phil Fernandez se la joueraient presque Dr John sur ‘The Cashier is Gone’, titre composé d’ailleurs par le claviériste Bala, s’en allant un peu plus loin fermer la dernière p(l)age de ce chapitre ‘Lazy Star’ sur un ‘Nightmare Dreamer’ aux accents d’un John Fogerty transcendé par la présence de choristes féminines.

A ceux qui oseront critiquer l’absence des cuivres qui étaient présents sur de précédents opus, nous leur feront simplement remarquer que non seulement le combo s’est adjoint deux choristes, mais que l’harmonie des instrumentistes et la qualité irréprochable de l’enregistrement et du mix procurent un éclat tout aussi lumineux que si des cuivres avaient été associés à la réalisation de cet ouvrage.
Un ouvrage façonné, fignolé avec une maîtrise digne des plus grosses prods et qui mérite un total respect.

Frankie Bluesy Pfeiffer
Paris-Move, Blues Magazine (Fr) & Blues Matters (UK)
Big Dez