| Latino, Reggae, Ska |
Ses trente ans à peine sonnés, la violoncelliste et chanteuse cubaine Ana Carla Maza peut déjà s’enorgueillir d’une carrière musicale de près d’une vingtaine d’années. Fille du célèbre pianiste et compositeur chilien Carlos Maza, elle débuta le piano dès son cinquième anniversaire (sous l’enseignement de la sœur de Chucho Valdès), avant de découvrir le violoncelle trois ans plus tard. Elle se produisit sur scène à La Havane, ses dix ans à peine sonnés, avant de quitter Cuba avec sa famille en 2007, pour s’établir d’abord en Espagne, puis à Paris dès 2012 (où elle s’inscrivit au Conservatoire, avant d’approfondir ses études musicales au Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne-Billancourt, au sein de l’Université de la Sorbonne). Entre-temps, elle était déjà apparue à deux reprises sur des enregistrements de son père, et assurée de son héritage autant que de sa propre formation classique, elle se mit à chanter tout en s’accompagnant de son instrument de prédilection. Déjà à la tête de quatre albums solo depuis 2018, c’est entourée d’un septette cubano-brésilien (où s’illustre également sa mère, la guitariste acoustique cubaine Mirza Sierra) qu’elle dédie à présent celui-ci à son quartier natal de La Havane, au fil de neuf compositions qu’elle chante alternativement en espagnol, en portugais, en anglais et en français, témoignant à la fois de son attachement à ses racines, ainsi que de son parcours international. Empreint d’une nostalgie poignante, l’instrumental introductif “Habanera” se déploie avec une solennelle gravité, scandé par les ivoires de sa compatriote Mily Perez et les six cordes de sa mère, avant que la languide habanera “Me Ileva A Ti” ne précède la brève plage titulaire (elle aussi instrumentale), où le violoncelle et le piano déploient leurs arabesques sur un tapis d’entêtantes percussions traditionnelles. Ana Carla interprète avec passion la guaracha “Corazoncito Mio” qui, avec ses cuivres enjoués et son piano répétitif, n’aurait pas déparé sur la B.O. du “Buena Vista Social Club”, mais c’est selon un inattendu ska-beat que s’entame le poppy “Je T’Ai Aimé” (dont seul le refrain est effectivement chanté en français), avant que le bien intitulé “Cha Cha Cha” ne propose un intermède mutin moins iconoclaste – hélas vite démenti par le reggae “Les Jours Passent” (alternant français et espagnol), dont on ne retiendra avec indulgence que la partie de violoncelle évoquant (de loin) l’antique “Flow Motion” de Can (dans un registre rythmique similaire). L’enlevé guaguanco “Me Despido De Ti” vient à point ranimer l’intérêt, et c’est heureusement sur la salsa cuivrée de “Ma Chérie” que tombe le rideau. Un album certes aussi varié qu’ensoleillé, mais dont on peine parfois à comprendre les quelques hors-sujet.
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, April 20th 2026
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À l’Olympia le 25 mai 2027 (pas 2026, non)
ANA CARLA MAZA à découvrir sur ARTE