ALAMO RACE TRACK – Greetings From The Tear Valley And The Diamond Ae

Excelsior Records
Indie Pop
ALAMO RACE TRACK - Greetings From The Tear Valley And The Diamond Ae

Huit ans qu’on était sans nouvelles de ce fleuron de l’indie pop à la Batave, dont l’on commençait à se résigner à devoir porter le deuil. Et c’est finalement bien de perte que traite leur cinquième livraison, dont l’accouchement fut patiemment conçu et préparé entre leur studio campagnard et Amsterdam. Le fil de son processus créatif semble en effet avoir été la maladie du père de Ralph Mulder, leader et principal songwriter de la formation. Si l’on retrouve à ses côtés, outre le fidèle bassiste et co-fondateur David Corel, le batteur Robin Buijs (suppléé à plusieurs reprises par un certain Nienke Overmars) et à la seconde guitare (ainsi qu’à la basse, aux claviers et aux chœurs, où l’on distingue également à ses côtés Ellen ten Damme) Robin Berlijn – soit quasiment le noyau du “Hawks” de 2015 – l’humeur, loin de s’y révéler funèbre, s’y situe au départ dans la veine classic-pop de grands précurseurs tels que XTC, The High Llamas ou The Coral, à l’image du “Sally H.” d’ouverture, dont les chœurs évoquent les Beach Boys, Dodgy et les La’s, ou de “Got To Get Home”, “Fight”, et “Trespass”, qui n’auraient pas déparé le vénéré “Village Green” des Kinks (avec leurs harmonies vocales délibérément désuettes et leurs jangle guitars aériennes). Le violoncelle de Jelte van Andel et la slide hawaïenne de Berlijn sur “Romney Shed 1” et “Wish I Was A Bird 1” (et “2”) accentuent le parallèle avec l'”Apple Venus” du gang de Swindon, tandis que “Cold Country” et “Sea Of Possibilities” en font autant avec Alex Chilton et Chris Bell circa Big Star, ainsi que le Lou Reed de “Caroline Says”. Avec ses riffs de guitares intriqués et distordus, “House Of Crosses” sonne pour sa part comme un outtake du Television de feu Tom Verlaine (l’une des références perpétuelles chez ART, au cas où vous n’en auriez pas encore décodé l’acronyme), tandis que drumming motörik de “Remember When You Were Young” (dont un couplet figure en exergue sur la jaquette) renvoie autant aux Doors des débuts qu’au Velvet et à Can, et que “Romney Shed 2” présente certaines similitudes avec Spacemen 3. Bref, un classique aussi inspiré que certains de ses prédécesseurs les plus saillants, en ce registre où l’on ne souffre plus la moindre médiocrité. Si Dieu vomit effectivement les tièdes, cette hostie-là devrait lui passer comme une lettre à la poste.

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, October 4th 2023

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