| Americana |
Avec déjà cinq enregistrements auto-produits à son actif, ce couple d’auteurs-compositeurs interprètes emprunte son nom d’artistes à une antique compagnie américaine de construction de téléviseurs et de postes de radio. De celles dont la marque a estampillé la mémoire des premières générations de télespectateurs U.S. (un peu comme le fit Ducretet-Thomson dans notre vieil Hexagone). Et à l’instar de cette référence, leur musique exhale de nos jours ce que l’americana au sens le plus traditionnel est parvenu à préserver de mieux parmi ses origines, ainsi qu’en témoigne le titre de cet album (“Héritage”). Désormais signés sur le nouveau label Too Fine Records, basé à Nashville (comme l’excellent Jack Browning, récemment chroniqué ICI), notre petit ménage (Becca Smith, chant, banjo et harmonica et Coty Hoover, chant et guitare acoustique) a su s’entourer d’une bonne demi-douzaine de musiciens rompus à leur registre, dont ils offrent onze nouvelles compositions pour une seule reprise. Dès les “Jackpot”, “Sidewalk Preacher” et “One Day At A Time” d’ouverture, leurs principaux atouts sautent aux tympans: qu’il s’agisse de l’évidente complémentarité de leurs timbres vocaux, du catchy hook de leurs mélodies ou du soin porté à leurs arrangements boisés (notamment grâce au violon de Kristen Harris, au piano de Moses Andrews III, à la basse de Kevin McWilliams et au drumming alerte de Michael Scarboro), ces lascars s’y entendent manifestement pour susciter un airplay non négligeable sur les plateformes et radios dédiées. L’élégiaque three-steps ballad “Love Is Alchemy” ne va pas ainsi sans réveiller les fantômes des Everly Brothers, ni sans flirter quelque peu hélas non plus avec le côté suranné de leurs voisins, Drew & Ellie Holcomb (également chroniqués ICI). À mi-chemin des Milk Carton Kids et de la Carter Family, les accrocheurs “Life Is A Puzzle”, “Man Of Means” et “Swoon” leur assurent un following garanti, tandis que de proto-classics tels que l’appalachien “Coal Mining Town” et “Lie Back Down” titilleront jusqu’aux puristes les plus inconditionnels du tandem Gram Parsons-Emmylou Harris. Leur adaptation bluegrass du célèbre “Dancing In The Dark” de Bruce Springsteen mérite à elle seule le détour – mais bon Dieu, que ne l’a-t-il pas enregistrée ainsi en son temps?.. Relativement plus contemporains, les conclusifs “Stepping Stones” et “Kind To Myself” n’auraient pour leur part pas déparé sur les “Rumours” et “Tusk” de Fleetwood Mac. Amateurs d’americana mâtinée de yacht-rock, votre pitance est servie!
Patrick DALLONGEVILLE
Paris-Move, Illico & BluesBoarder, Blues & Co
PARIS-MOVE, August 28th, 2026
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